Une première carcasse de béluga pour l’année 2015

  • © Pierre-Henry Fontaine
    04 / 05 / 2015 Par Josiane Cabana

    Le Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins est en basse saison; un seul cas a été traité jusqu’à cette semaine, soit la présence d’un jeune phoque du Groenland dans un secteur de pêche sur glace à Contrecoeur. Le 25 avril dernier à midi, un collaborateur du Réseau et propriétaire du musée de squelette de l’île Verte, monsieur Pierre-Henry Fontaine, a signalé le deuxième cas de la saison, soit une carcasse de béluga sur le rivage. La femelle de 3,5 mètres a vraisemblablement été dégagée par la fonte des glaces. Son état de décomposition était avancé, ne faisant pas de cette carcasse une bonne candidate pour une nécropsie. Toutefois, un échantillonnage sommaire a été réalisé par monsieur Fontaine: un morceau de peau, un de gras et un de muscle ont été prélevés, ainsi qu’une dent pour déterminer l’âge de l’animal qui semble être un adulte, vu sa taille.

    Des carcasses qui en disent long

    Le Réseau traite en moyenne de 15 à 20 carcasses de bélugas par saison. Si la carcasse est suffisamment fraîche, elle sera transportée à la Faculté de médecine vétérinaire du l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe, où une nécropsie sera réalisée. L’analyse des bélugas examinés entre 1983 et 2012 a permis de déterminer que les maladies infectieuses d’origine parasitaire sont les causes de mortalité les plus fréquentes chez les jeunes bélugas, en particulier la pneumonie vermineuse. Les maladies d’origine bactérienne et les cancers, particulièrement ceux du système digestif, seraient les principales causes de mortalités chez les bélugas adultes. Toutefois, le nombre de ces cancers est à la baisse: aucun béluga né après 1971 n’en n’est mort, ce qui coïncide avec l’instauration de mesures pour bannir ou mieux encadrer l’utilisation de plusieurs substances et matériaux, contaminants de l’environnement. Les autres causes de mortalités sont les collisions avec des bateaux, l’inanition (privation de nourriture), l’empêtrements dans des engins de pêche, ainsi que l’intoxication à la saxitoxine produite par l’algue Alexandrium tamarense.

    Pour en savoir plus:
    De quoi meurent les bélugas