Une nouvelle année d’observations qui commence

  • Deux rorquals communs expirent à la surface./Two fin whales exhale at the water surface. © GREMM
    09 / 01 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Alors que 2018 s’achevait, un observateur à Bonaventure, en Gaspésie, observe trois longs souffles apparaitre en même temps. Il y a donc trois baleines dans la baie des Chaleurs. «Les souffles sont hauts et droits», décrit-il, lui rappelant ceux des rorquals communs.

    Cette même journée, beaucoup plus en amont, près de Montréal, une kayakiste fait une rencontre surprenante : un phoque! Explore-t-il de nouveaux territoires ou s’est-il égaré? Chaque année, des phoques sont observés dans la partie non salée du Saint-Laurent, entre les Grands Lacs et la pointe est de l’ile d’Orléans. Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins reçoit chaque année le signalement de phoques hors de leur secteur habituel. Qu’il soit sur la berge ou dans l’eau, le phoque peut être stressé par sa rencontre avec des humains. Contacter le 1-877-7baleine, garder de bonnes distances et ne pas essayer de le nourrir augmenteront ses chances de survie. Le phoque pourra ainsi reprendre la route vers les siens.

    Depuis le début de janvier, des phoques communs se prélassent sur la banquise dérivante devant Cap-des-Rosiers. Les 3 et 4 janvier, un groupe de grands cormorans se laisse photographier. «C’est la première fois qu’on en voit cet hiver», se réjouit l’observatrice. Le grand cormoran se différencie du cormoran à aigrettes par la tache blanche sur ses joues et par sa taille plus grande (autour de 93 cm par rapport à 83 cm).

    Une dizaine de grands cormorans nagent sur une eau calme.

    Des grands cormorans ont été observés à Cap-des-Rosiers, en Gaspésie. © Francis Paquet

    D’autres oiseaux marins attirent l’attention des promeneurs et promeneuses. À Sept-Îles, des canards becs-scie et des eiders sont observés près des côtes. Dans la baie de Tadoussac, plus d’une quarantaine de garrots à œil d’or contrastent avec la glace bleutée. Cette espèce de canard plongeur migre des régions arctiques vers le sud. Pour certains, eh oui, la baie glacée de Tadoussac signifie le sud. «On voit d’habitude les garrots d’Islande ici, alors j’étais bien contente de voir les garrots à œil d’or», s’exclame l’observatrice. Pour différencier ces deux espèces, il faut comparer la forme de la tête et la couleur du plumage. Le mâle garrot d’Islande aura une tête bleutée ou violacée tandis que le mâle à œil d’or aura plutôt des reflets verdâtres sur la tête. Les femelles des deux espèces ont un plumage brunâtre sur la tête, mais celui du garrot à œil d’or est plus pâle.

    Au large de Baie-Comeau, des groupes de phoques nagent avec vigueur. Ils sont en déplacement. Sont-ils à la recherche de proies pour se nourrir, ou d’un rivage ou de glaces propices au repos? Les deux sont possibles.

    Vous avez fait une observation cette semaine? N’hésitez pas à nous écrire sur Facebook ou par courriel à info @ baleinesendirect.org pour nous la partager!

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.