«Suspect» identifié

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    18 / 05 / 2018 Par Marie-Sophie Giroux

    Un béluga blanc comme neige est-il identifiable? Certainement, surtout lorsqu’il présente une déformation majeure de la colonne vertébrale comme celle de Pascolio! Cette femelle a été reconnue à deux reprises au large de la batture aux Alouettes à Tadoussac cette semaine par notre collaborateur Renaud Pintiaux. Autrement, les bélugas sont discernables avec des marques permanentes comme des taches, des cicatrices ainsi que des encoches dans leur crête dorsale. La plupart du temps, ces détails passent inaperçus aux yeux des néophytes, mais les chercheurs qui travaillent à la photo-identification des baleines ont l’œil exercé pour trouver et comparer ces petits détails précis. En effet, après le terrain — où les scientifiques photographient chacun des flancs des individus rencontrés — commence le laborieux travail en laboratoire où les photos sont étudiées de près et comparées avec celles de plusieurs individus pour finalement être appariées selon une série de critères rigoureux. Et contrairement à ce que plusieurs croient : à ce jour, aucun programme informatique ne fournit un résultat aussi précis que la reconnaissance visuelle humaine des photos!

    Grâce à son regard connaisseur, un assistant de recherche du GREMM suspecte fortement avoir reconnu Bp955, «Ti-croche» parmi les rorquals communs vus au début du mois de mai dans le parc marin, et ce, grâce aux photos d’une naturaliste d’expérience et photographe aguerrie. C’est que Bp955 possède une nageoire dorsale fortement arquée vers l’arrière; peu de rorquals communs ont une dorsale ainsi. Les capitaines et naturalistes du secteur le reconnaissent aussi par ce trait unique. Par contre, l’identification de «Ti-croche» n’est pas complètement confirmée, car son chevron n’était pas visible sur la pellicule. Les rorquals communs n’ont pas été revus les derniers jours, mais entre cinq à sept petits rorquals fréquentent l’embouchure du Saguenay. À Franquelin, deux rorquals communs ont été aperçus le 17 mai.

    L’identité des rorquals à bosse est souvent révélée dans la coloration et les marques de leur queue. Pas de chance pour un collaborateur de Gaspésie qui a bel et bien vu une queue de rorqual à bosse se dresser au-dessus des eaux le 14 mai près du quai de Rivière-au-Renard, mais qui n’a pu discerner les caractéristiques propres à l’animal.

    Puis, à Sept-Îles, le capelan a commencé à rouler. Cette appellation désigne le moment de l’année où ces petits poissons s’aventurent sur certaines plages du Saint-Laurent pour y déposer leurs œufs qui demeureront enfouis dans le substrat jusqu’à leur éclosion. Sur la Côte-Nord, la fraie se déroule normalement de la mi-avril au début juillet. Pour les habitants, il s’agit d’une pêche miraculeuse qu’on récolte même avec un seau ou une pelle. Pour les baleines, particulièrement les petits rorquals côtiers, c’est une chasse prolifique. Par contre, aucun petit rorqual n’a été aperçu cette semaine dans le secteur par nos collaborateurs du coin.

    Finalement, dans la région de Longue-Pointe-de-Mingan, un mammifère marin de 2 à 3 m et pouvant peser jusqu’à 500 kg aurait été aperçu. Non, il ne s’agit pas d’une baleine, mais bien d’un ours polaire! Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a entamé des recherches sur le terrain pour confirmer la nouvelle.


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».