Les grands troupeaux de phoques gris au large de Tadoussac attirent de plus en plus l’attention. Si seule leur tête dépasse de l’eau, ces phoques sont beaucoup plus imposants qu’ils n’y paraissent. Larges et robuste, les mâles atteignent un poids de 300 à 350 kg ; les femelles, 150 à 200 kg.

Phoque gris © Renaud PintiauxLes rorquals communs se regroupent également. Près des côtes de Longue-Pointe-de-Mingan, le 19 juillet, l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) observe plusieurs rorquals communs éparpillés qui finissent par se rassembler en dizaine d’individus. À partir de ce moment-là, le vent se lève, suivi de la pluie et du brouillard, forçant l’équipe à rester à terre pour plusieurs jours d’affilée. Jusqu’à maintenant, dans la saison, l’équipe du MICS a identifié 66 rorquals communs différents en Minganie.

Dans l’estuaire, entre Les Escoumins et Tadoussac, les quatre ou cinq rorquals communs sont parfois bien actifs en déplacement ou en alimentation, parfois lents au repos. Les petits rorquals sont nombreux et plusieurs s’alimentent près de la surface de l’eau; les observateurs suivent alors leurs mouvements de chasse.

Depuis le belvédère du site d’observation terrestre de Pointe-Noire (Parcs Canada) à Baie-Sainte-Catherine, la naturaliste, accompagnée de visiteurs, épie aussi les mouvements rapides des bélugas sous la surface de l’eau. À certains moments, la prédation est soupçonnée. Les bélugas se nourrissent de poissons de fond (capelan, hareng, éperlan, lançon), d’anguilles et d’invertébrés, mais ils peuvent aussi chasser dans la colonne d’eau et près de la surface en utilisant la nage ou le sur-place contre le courant.

Une naturaliste du site Baie-Sainte-Marguerite (Parcs Québec) mentionne que les bélugas qui arpentent le fjord du Saguenay semblent utiliser la marée haute pour gagner la baie; le pic des observations dernièrement se situe surtout lors des deux dernières heures de la marée montante. Il semble que les bélugas s’aident des courants pour se déplacer et économiser de l’énergie. Si les bélugas ont le physique pour se déplacer aisément dans l’eau (corps hydrodynamique, puissante queue, peau lisse et nageoires pectorales stabilisantes), ils demeurent, avec leur 7 km/h, parmi les plus lentes des baleines à dents.

La naturaliste indique aussi avoir entendu un groupe d’une vingtaine d’individus, surtout des adultes, produire différents sons à la surface de l’eau le 11 juillet. Vocalises, comportements actifs à la surface de l’eau, repos en «billotage», ces comportements sont souvent remarqués dans cette baie qui semble revêtir un caractère particulier pour les bélugas du Saint-Laurent. Située à une vingtaine de kilomètres de l’embouchure, elle fait partie du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL) et elle est bordée par le parc national du Saguenay.

Observations de la semaine - 23/7/2015

Marie-Sophie Giroux

Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005 et y a travaillé jusqu’en 2018. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».

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