Quitter l’estuaire

  • Un rorqual bleu a été photographié devant le cap de Bon-Désir le 20 novembre. // A blue whale was photographed off Cap de Bon-Désir. © Renaud Pintiaux
    21 / 11 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Au cap de Bon-Désir aux Bergeronnes, notre collaborateur Renaud Pintiaux s’installe pour prendre des photos de la vie marine autour du site le 20 novembre. Un petit rorqual le fait sourire quand le puissant souffle d’un rorqual bleu surgit. Comment différencier cette espèce d’un rorqual commun? La bosse entourant ses évents est plus protubérante. Sa nageoire dorsale est généralement plus petite et triangulaire aussi. Et bien sûr, la couleur gris-bleu mouchetée se distingue de celle gris foncé du rorqual commun.

    Le rorqual bleu devant le cap de Bon-Désir se dirige vers l’aval. Sa nage vigoureuse l’éloigne des rochers. Renaud Pintiaux quitte le site pour tenter une nouvelle observation une dizaine de kilomètres plus loin, cette fois au quai des Escoumins. Le rorqual bleu apparait à nouveau et poursuit sa descente du Saint-Laurent. «Il nage vite! Je ne crois pas qu’on le reverra cette année», s’exclame-t-il. Il réussit à prendre quelques photos qui permettront peut-être au spécialiste des rorquals bleus du Saint-Laurent Richard Sears de le reconnaitre. Après le départ du plus grand animal de la planète, Renaud repère une dizaine de bélugas blancs bien costauds.

    Au large des dunes de Tadoussac, le recenseur d’oiseaux migrateurs note moins de vie ailée ces jours-ci, ce qui lui donne un peu plus de temps pour scruter le large. Pratiquement tous les jours, il se réjouit de voir les éclaboussures des manœuvres d’alimentation en surface effectuées par des petits rorquals. Le 19 novembre, deux souffles en colonne s’élèvent comme deux geysers. Un plus grand rorqual nage devant un qui semble plus petit. À travers la lorgnette, impossible de confirmer si ce sont deux communs ou deux rorquals bleus.

    Quatre jours plus tôt, au large du phare du Haut-Fond-Prince qui fait face à Tadoussac, un capitaine de cargo croise la route de deux rorquals à bosse. Il écrit, surpris : «que font-ils encore là?» Peut-être que ces deux animaux ne sont pas reproducteurs et n’ont pas la même urgence d’aller rejoindre les autres dans les eaux plus chaudes des Caraïbes. Ou peut-être profitent-ils des eaux encore sans glace pour continuer à prendre des réserves pour la prochaine saison.

    Un petit rorqual s’alimente près du quai de Baie-Comeau. © Pascal Pitre

    Du côté de Baie-Comeau, un travailleur sur le quai s’exclame devant trois petits rorquals qui s’alimentent en surface. Pendant plus d’une heure, il pourra observer leurs mouvements dynamiques. Les petits rorquals s’alimentent de petits poissons, mais aussi de krill.

    À Port-Cartier, un gros souffle point au large le 16 novembre. Plus près des rives, un petit rorqual s’alimente régulièrement. Une tête de phoque commun apparait à l’occasion.

    Du côté de la Gaspésie, à Cap-des-Rosiers, les baleines ont disparu du paysage, mais quelques phoques communs sont observés près de la plage.


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.