Le petit rorqual est un prédateur agile et rapide, mais comme tout mammifère marin, il est contraint à remonter à la surface pour respirer. C’est le compromis entre le besoin de se nourrir sous l’eau et ses besoins en oxygène. Il doit donc organiser ses activités en conséquence. Pour ce faire, il modifie la durée de ses plongées et le temps passé en surface en fonction des différentes activités.

Des études menées dans l’estuaire ont démontré que le petit rorqual ajuste le temps passé en surface et le nombre de respirations en fonction du temps qu’il passe sous l’eau. Si l’animal reste longtemps sous l’eau, il prendra plus de respirations au retour de la plongée pour récupérer. On observe ce phénomène lorsque le petit rorqual effectue une plongée en profondeur ou lorsqu’il s’adonne à des manœuvres de rassemblement de proies sous l’eau. En déplacement, faire surface pour respirer engendre une perte d’énergie par rapport à nager sous l’eau en continu. Il a donc avantage à rester sous l’eau sur une plus grande distance. Au repos, la dépense énergétique est presque nulle et il ne semble pas avoir de patron de respiration particulier.

Les petits rorquals développent même des tactiques d’alimentation différentes en fonction de leur environnement. Dans l’estuaire, ils nagent en cercles, ellipses, ou hyperboles; ils utilisent aussi les courants, les parois rocheuses et parfois même la coque des bateaux pour piéger leurs proies. Certains bondissent hors de l’eau et retombent bruyamment sur le ventre ou sur le flanc. Peut-être pour assommer leurs proies ou pour effrayer les poissons afin qu’ils forment un banc plus serré. D’autres ont inventé leur propre technique. C’est le cas de Loca, fidèle de l’embouchure du Saguenay, qui effectue un saut de grenouille: elle sort sa tête hors de l’eau et en frappe la surface. Récemment, aux Escoumins, l’équipe du Mériscope a observé un petit rorqual qui se retournait subitement sur le dos, ses nageoires pectorales presque émergées, pour engouffrer les proies coincées entre son ventre et la surface de l’eau.

Pour en savoir plus:

Des études menées dans l’estuaire

Chasse sous la glace

Les baleines en questions - 15/9/2015

Camille Bégin Marchand

Camille Bégin Marchand a travaillé au GREMM de 2013 à 2018. Elle a commencé comme naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins, mais son intérêt pour l’écriture scientifique l’a menée à travailler comme rédactrice pour Baleines en direct. Passionnée par la biologie et amoureuse de la région, elle fait aussi une maitrise en sciences de la forêt en collaboration avec l’Observatoire d’Oiseaux de Tadoussac.

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