Depuis novembre 2018, 87 bélugas et 10 épaulards sont gardés captifs illégalement dans une «prison pour baleines», au large de Nakhodka, sur la côte est de la Russie. En avril, le gouvernement russe avait signé un accord visant à libérer les baleines et, le 20 juin, l’opération de sauvetage commençait.

Six bélugas et deux épaulards ont voyagé par camion et par bateau pendant six jours sur 1800 km, de Nakhodka à la mer d’Okhotsk. Ils auraient ensuite été remis à l’eau à proximité du lieu de capture. Peu de détails concernant la réhabilitation des baleines ont été communiqués, ce qui inquiète certains scientifiques et militants pour le bien-être animal.

Les baleines ont-elles été préparées à retourner vivre dans la nature ?

L’équipe de The Whale Sanctuary Project, qui devait au départ être impliquée dans les opérations, a émis plusieurs recommandations concernant la réhabilitation des bélugas et épaulards. Les baleines gardées captives se sont habituées à la présence des humains et ont possiblement perdu le réflexe de s’alimenter par elles-mêmes. Certains bélugas sont très jeunes et n’ont donc jamais vécu seuls dans la nature. Également, plusieurs individus sont atteints de problèmes de peau et d’infections qui pourraient se propager dans la population sauvage s’ils ne sont pas traités avant la remise à l’eau.

«Une remise en liberté de cette ampleur — 10 épaulards et 87 bélugas — n’a jamais été faite auparavant», explique l’océanographe Jean-Michel Cousteau. Une équipe de 70 spécialistes participe aux opérations de sauvetage. Les moyens de réhabilitation mis en place avant le voyage sont inconnus. Il n’y aurait pas non plus eu de réhabilitation sur le lieu de remise à l’eau. Les individus auraient toutefois été équipés de balise satellite afin de suivre leurs déplacements et comportements.

L’ensemble des baleines devrait être libéré au cours des quatre prochains mois. «Nos recommandations initiales incluaient aussi une plus longue période de réhabilitation, mais il est maintenant essentiel d’agir rapidement pour déplacer les baleines avant l’arrivée de l’hiver», explique Michael Mountain du Whale Sanctuary Project.

La fin de la capture de cétacés en Russie ?

Le gouvernement russe a annoncé vouloir modifier la loi concernant la capture et l’exportation de baleines à des fins «éducatives», qui finissent généralement dans des aquariums. La Russie est le seul pays où la capture de bélugas est encore autorisée.

Actualité - 3/7/2019

Jeanne Picher-Labrie

Jeanne Picher-Labrie a rejoint l’équipe du GREMM en 2019 comme rédactrice à Baleines en direct et naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins. Baccalauréat en biologie et formation en journalisme scientifique en poche, elle est de retour en 2021 pour raconter de nouvelles histoires de baleines. En se plongeant dans les études scientifiques, elle tente d’en apprendre toujours plus sur la mystérieuse vie des cétacés.

Articles recommandés

5 nouvelles découvertes sur la baleine noire de l’Atlantique Nord

Espèce en voie de disparition, la baleine noire de l’Atlantique Nord intrigue autant qu’elle inquiète les scientifiques. C’est pourquoi plusieurs…

|Actualité 29/9/2022

Les baleines dans votre coin lecture

Dans le cadre de la journée nationale Je lis la science du 21 septembre 2022, l’équipe de Baleines en direct…

|Actualité 19/9/2022

Le livre des morts : près de 600 carcasses de bélugas examinées depuis 40 ans

Chaque année, on retrouve et on récupère entre 15 et 20 carcasses de bélugas sur les rives du Saint-Laurent. Pourquoi…

|Actualité 15/9/2022