Premières observations en mer de la saison!

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    02 / 05 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Si vous allez marcher à Tadoussac, vous trouverez encore des plaques de neige ici et là, mais aussi des bateaux amarrés au quai. Les premières croisières d’observation ont commencé, la saison en mer est lancée! Les capitaines rapportent la présence d’un petit rorqual durant la fin de semaine du 27 et 28 avril. Le petit rorqual n’est pas si petit que ça : il mesure près de 7 mètres, ce qui représente la longueur d’une limousine, et peut peser 7 tonnes, comme un éléphant de la savane africaine. En comparaison, les bélugas observés ces derniers jours mesurent entre 2,5 et 4,5 mètres, soit la longueur d’une voiture de type berline, et peuvent peser jusqu’à 2 tonnes.

    Le 1ermai, un capitaine se réjouit de voir son premier rorqual commun de la saison dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Le rorqual commun est le deuxième plus grand mammifère de la planète, avec ses 18 à 24 mètres de long. À titre comparatif, il faudrait aligner trois autobus scolaires pour arriver kif-kif avec un rorqual commun.  Avec un si grand corps à nourrir, pas étonnant que le rorqual commun recherche des zones riches en zooplancton et en petits poissons.

    Aux Escoumins, petit rorqual et bélugas sont observés à partir du quai des Pilotes. À Sept-Îles, le 30 avril, un petit rorqual s’approche à 500 mètres de la rive devant la maison d’un observateur. «Ses mouvements sont agressifs, ses séquences respiratoires rapides. Il chasse!», se réjouit-il. Les derniers jours n’avaient pas été propices aux observations, à cause des vents forts.

    Petit rorqual © Renaud Pintiaux

    Lorsqu’ils chassent, les petits rorquals peuvent avoir des comportements en surface très dynamiques. © Renaud Pintiaux

    Toujours sur la Côte-Nord, à Baie-Comeau, une observatrice jette des regards plein d’espoir sur le large tandis qu’elle s’apprête à déménager et à perdre son poste d’observation privilégié. Hélas, pas de souffles à l’horizon. «Mais j’ai vu mes premiers fous de Bassan de la saison, une vingtaine environ», souligne-t-elle. Les fous de Bassan ont une envergure d’ailes de 165 à 180 cm, soit environ la longueur d’un phoque gris.

    De l’autre côté du fleuve, en Gaspésie, la baie de Gaspé est encore fréquentée par des rorquals. Le 26 avril, un petit rorqual est repéré devant Cap-aux-Os, tandis que c’est un rorqual à bosse qui est vu le 28 avril. Le rorqual à bosse est dit de taille moyenne, c’est-à-dire qu’il mesure de 13 à 17 mètres. Là où il se démarque des autres baleines en mensuration, c’est avec ses nageoires pectorales. Elles mesurent environ un tiers de sa taille, lui donnant les plus longues nageoires pectorales des cétacés. Ce n’est pas un hasard si elle est surnommée mégaptère, soit «grande aile» en grec. Le 30 avril, derrière le rocher Percé, un gros souffle en ballon attire l’attention d’une naturaliste. C’est la forme caractéristique du souffle du rorqual à bosse. Non loin de là navigue un bateau de croisière international : la saison des observations en mer est bien lancée!

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.