Première sortie au large: une paire mère-petit petit rorqual, Pascolio et des oiseaux!… par Renaud Pintiaux

  • Si vous regardez bien, on voit de petits poissons s'échapper de la gueule du petit rorqual qui s'alimente. © Renaud Pintiaux
    29 / 05 / 2019 Par Renaud Pintiaux

    Cette saison, je sortirai encore fréquemment sur mon terrain de jeu préféré : le Saint-Laurent entre Tadoussac et Les Escoumins.

    C’est encore bien calme au large en ce qui concerne les mammifères marins: quelques groupes de bélugas, une poignée de petits rorquals, quelques phoques ici et là (phoques gris et phoques communs). Néanmoins, j’ai fait quelques observations marquantes!

    Le 21 mai, au large de Tadoussac, dans un groupe d’une dizaine de bélugas, je repère la célèbre Pascolio, cette femelle béluga ayant une énorme déformation de la colonne vertébrale rencontrée pour la première fois il y a 34 ans par les chercheurs du GREMM!

    Pascolio © Renaud Pintiaux

    Les petits rorquals sont bien discrets: une ou deux ventilations, puis ils disparaissent! À cette période de l’année, ils semblent souvent être en déplacement, sans doute à la recherche de bancs de petits poissons. Et justement, en voilà un qui semble avoir été récompensé par ses recherches!

    © Renaud Pintiaux

     

    Je prends quelques photos de ce petit rorqual très dynamique (tête hors de l’eau, sillons ventraux distendus) et, en zoomant sur les clichés, je repère sa proie du jour, des capelans, semble-t-il!

     

    Les capelans sous les sillons ventraux du petit rorqual © Renaud Pintiaux

    J’observe également près de Tadoussac une paire adulte-jeune petits rorquals, sans doute une mère avec son petit! Observation assez peu fréquente dans nos eaux, puisque la durée de l’allaitement chez cette espèce est de seulement 5 mois. Ainsi, les femelles se séparent habituellement de leur petit avant d’arriver dans leur aire d’alimentation estivale.

    La femelle et son petit © Renaud Pintiaux

    La fin mai au large, c’est un paradis pour les passionnés d’oiseaux. La diversité d’espèces est assez spectaculaire. Et les vedettes sont sans nul doute les milliers de hareldes kakawis qui tapissent les eaux de l’estuaire. Ces oiseaux qui ont passé la saison froide en Haute-Côte-Nord vont bientôt s’en aller vers leurs territoires de nidification, mais pour l’instant, ils sont encore omniprésents dans le secteur.

    Hareldes kakawis © Renaud Pintiaux

    Je note aussi la forte présence de petits pingouins et de guillemots marmettes à la tête du chenal Laurentien. Eiders à duvet et macreuses sont aussi près des rivages.

    Guillemots marmettes © Renaud Pintiaux

    Les mouettes de Bonaparte commencent à arriver en grand nombre, suivies de près par quelques labbes parasites opportunistes. J’attends avec impatience l’éphémère passage des milliers de sternes migratrices, sans doute la semaine prochaine (à la toute fin de mai et au tout début de juin). Je vous en reparle bientôt…


    Assistant de recherche au GREMM de 2003 à 2009 et de 2012 à 2014, Renaud Pintiaux est un observateur et un photographe passionné. Hiver comme été, de la rive ou en bateau, il saisit toutes les occasions de rencontrer les mammifères marins et les oiseaux du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.