Migrer, c’est se déplacer, parfois sur de très grandes distances, pour rejoindre des lieux plus propices à ses besoins comme des zones riches en proies, calmes ou chaudes. Ces migrations se font à des périodes variables selon les hémisphères et suivent le rythme des saisons et doivent procurer un avantage à ces animaux qui se déplacent.

Plusieurs espèces de baleines utilisent cette stratégie de vie, surtout les baleines à fanons, mais cette migration varie selon les espèces, et les individus. Leur migration peut se faire du nord au sud, comme pour les rorquals à bosse de l’Atlantique Nord qui parcourent plus de 5 000 km pour rejoindre les Caraïbes. Ces grands rassemblements faciliteraient la rencontre entre les mâles et les femelles. Les eaux chaudes seraient aussi plus propices à la naissance des petits. La migration peut aussi se produire « horizontalement », comme pour les marsouins communs qui quittent les zones côtières l’hiver pour le large afin d’éviter les glaces. Et puis, pour d’autres, comme les bélugas du Saint-Laurent, ils alternent d’un secteur favorable à un autre selon les périodes de l’année. Le béluga est le seul cétacé résidant du Saint-Laurent. Certaines espèces migreraient aussi pour protéger leur petit de la prédation par les épaulards, plus présents dans les hautes latitudes, ou selon la formation de la glace.

Puis, au sein d’une même population, il peut y avoir des individus qui migrent et d’autres qui ne migrent pas, à un moment précis de l’année. Peut-être s’agit-il d’individus non reproducteurs tels des juvéniles, des mâles non « compétitifs » ou des femelles non gestantes ou qui ne s’accoupleront pas cette année-là. Il serait alors plus avantageux de rester dans les eaux riches en nourriture, comme le Saint-Laurent, plutôt que de franchir des milliers de kilomètres vers des eaux plus chaudes et moins riches.

Les baleines en questions - 30/10/2013

Marie-Sophie Giroux

Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005 et y a travaillé jusqu’en 2018. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».

Articles recommandés

Quel est l’impact d’une collision sur la vie sociale d’un cétacé ?

Lorsqu'on évoque les impacts d'un accident entre un navire et un mammifère marin, on se concentre généralement sur les conséquences…

|Les baleines en questions 19/1/2021

Comment rester optimiste face à l’avenir des baleines?

En conservation et en recherche, les efforts pour mettre à jour les connaissances sur les cétacés et les protéger se…

|Les baleines en questions 18/12/2020

La consanguinité, un problème pour les baleines en voie de disparition ?

Il resterait près de 360 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le monde, et probablement moins d'une dizaine de vaquita…

|Les baleines en questions 26/11/2020