Pinnipèdes en vue!

  • Phoques du Groenland sur la glace
    Phoques du Groenland en plein bain de soleil / Harp seals sunbathing © Renaud Pintiaux
    31 / 01 / 2019 Par Marie-Ève Muller - / / /

    Une mouvée de phoques du Groenland profite d’une brèche dans le couvert de glace, au large du quai des Escoumins. Le groupe contient de 50 à 60 individus. Cette espèce grégaire visite les eaux du Saint-Laurent durant l’hiver. Elle serait l’espèce de phoque la plus abondante dans l’hémisphère Nord.

    D’ici les prochaines semaines, les femelles phoques du Groenland gestantes devraient mettre bas. La saison des naissances s’étire de février à mars. Pour permettre aux femelles d’allaiter et aux petits de prendre de la force, la banquise doit être solide. Ainsi, sur les glaces jouxtant les Îles-de-la-Madeleine, les phoques du Groenland se réunissent pour mettre bas.

    L’allaitement chez les phoques du Groenland dure 12 jours. À sa naissance, le nouveau-né a un pelage jaunâtre qu’on appelle le lanugo et pèse environ 10 kg. Il grossira ensuite de 2 à 3 kg par jour. La mère, elle, maigrit moins vite que son jeune engraisse, car elle quitte à l’occasion la banquise pour aller attraper ses proies. Après 5 à 10 jours, le jeune a développé une couche graisseuse et un «manteau» blanc duveteux. Au bout de 12 jours, sa mère le quitte définitivement pour se consacrer à nouveau à l’accouplement.

    Les relations familiales sont plutôt brèves chez les phoques. Le record de la plus courte relation appartient au phoque à capuchon, dont la mère n’allaite le petit que 4 jours. C’est grâce au fort pourcentage de gras du lait que le petit peut doubler de poids en si peu de temps. Le lait a de quoi faire blêmir notre lait 1% : il contient 60% de matières grasses!
    Entre Port-Cartier et Sept-Îles, là où la rivière Brochu se jette dans le Saint-Laurent, une tête de phoque commun émerge à environ 100 mètres de la rive. La tête du phoque commun rappelle celle d’un chien. Pour les phoques gris, on dira que leur tête ressemble à celle d’un cheval. Les phoques communs sont plus souvent vus seuls que les phoques gris ou les phoques du Groenland.

    En Gaspésie aussi, quelques phoques sont observés, notamment près de la bien-nommée Seal Cove ou anse aux Loups Marins, près de Douglastown. Un autre phoque est observé dérivant sur une glace au large de Percé. Le phoque, loin d’être en danger, profite de cette surface flottante pour se reposer.

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.