Des odontocètes aux mysticètes, l’anatomie varie d’une espèce à l’autre, et ce jusqu’à la tête! Le cachalot, par exemple, a une tête allongée de forme rectangulaire, alors que le béluga a une tête plutôt sphérique. Il est à se demander si ces formes influencent le cerveau et où est situé ce dernier. Baleines en direct se penche sur ces questions.

Chose certaine, l’anatomie des baleines est bien différente de celle des humains! Il est faux de penser que le crâne et le cerveau des baleines se situent verticalement au-dessus de la mâchoire, comme chez les humains. Il est intéressant d’étudier plus précisément les cas du cachalot et du béluga.

Le cachalot

Le cachalot porte bien son nom latin : Physeter macrocephalus, qui signifie grosse tête. Pouvant mesurer jusqu’à 18 mètres et peser jusqu’à 50 tonnes, l’anatomie de ce géant le distingue facilement des autres espèces. Il est d’ailleurs le plus gros des cétacés à dents, et possède également le titre du plus cerveau du règne animal! Son cerveau peut peser à lui seul près de 9 kg. Cependant, celui-ci ne se situe pas dans la forme géométrique au-dessus de sa mâchoire. Il est plutôt situé derrière ses yeux, là où se cache sa boîte crânienne. Comme le démontre l’illustration d’Ali Nabavizadeh, le dessus de sa mâchoire est plutôt constitué de tissus gras et musculaires. Le melon, le spermaceti, d’où son nom en anglais sperm whale, et des muscles s’y retrouvent. Ces organes lui sont utiles pour l’écholocalisation, en émettant des sons.

Le béluga

L’emblématique baleine blanche du Saint-Laurent mesure entre 2,5 et 4,5 mètres en moyenne, au maximum 5 mètres, et pèse en moyenne entre 0,7 et 1,5 tonnes. Décidément, son cerveau est plus petit que celui du cachalot. Mais, tout comme son cousin, le béluga possède un organe nommé melon qui se situe au-dessus de sa mâchoire supérieure. C’est cet organe, propre aux baleines à dents, qui lui donne une forme de tête aussi sphérique. Ainsi, la boîte crânienne du béluga se situe plutôt vers l’arrière de sa tête, comme l’indique l’illustration du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Et les autres

Comme les baleines à fanons n’ont pas de melon, leurs têtes ont une anatomie plus allongée et fine. En comparaison aux baleines à dents, les baleines à fanons ont des cerveaux de plus petite taille par rapport à la taille de leur corps. Cependant, leur boîte crânienne et leur cerveau sont bel et bien situés derrière leurs yeux, comme les bélugas et les cachalots!

La grosseur a-t-elle une importance?

En soi, la taille du cerveau n’est pas en causalité directe avec les aptitudes cognitives. Un gros cerveau ne veut pas nécessairement dire une grande intelligence. En recherche, les scientifiques utilisent plutôt le quotient d’encéphalisation (EQ), c’est-à-dire le ratio entre la taille réelle du cerveau et la taille attendue étant donnée la taille complète de l’animal. Chez les humains, le EQ se situe entre 7,4 et 7,8, ce qui signifie que le cerveau humain est environ sept fois plus gros que ce à quoi on pourrait s’attendre par rapport à la taille du corps. Il s’agit d’ailleurs du plus grand quotient d’encéphalisation, suivi par les odontocètes. Quelques espèces de baleines à dents, dont les dauphins, présentent également des EQ assez élevés, soit entre 4 et 5, surpassant les primates. En ce qui a trait aux baleines à fanons, toutes les espèces présentent un ratio inférieur à 1. Somme toute, les études démontrent des changements dans la taille du cerveau de tous les cétacés au fil de leur évolution. Ces changements indiquent que les espèces se sont adaptées à leur milieu nécessitant un important traitement de l’information et aux exigences de la vie en groupe comme la communication, la collaboration et la compétition.

Les baleines en questions - 19/1/2023

Marianne Houle

Marianne Houle est stagiaire à la rédaction au GREMM pour l’automne 2022. Étudiante au baccalauréat en études de l’environnement, elle cultive depuis son jeune âge une grande passion pour les animaux et le milieu aquatique. La vulgarisation et le journalisme scientifique sont pour elle des outils permettant de démocratiser la science.

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