Le temps s’adoucit, les oiseaux migrateurs commencent leur entrée dans l’est du Québec, les brise-glaces libèrent les eaux des derniers morceaux de leur carcan gelé. Bientôt, la saison des baleines commencera! Quelques grands souffles au large laissent déjà présager leur arrivée en grand nombre.

Un capitaine posté au quai des pilotes, aux Escoumins, se réjouit de  voir un rorqual commun passer à environ 200 mètres de la rive le 9 mars. Malgré les efforts de bien des riverains, il n’est pas revu. Grâce aux balises posées sur le dos de rorquals communs, on sait qu’un individu peut rester sous l’eau de 8 à 12 minutes, temps qui variera selon la nature de ses activités. Avec ces intervalles, une baleine peut bien vite disparaitre d’un secteur, ni vu ni connu!

Très loin au large, le 14 mars, de grands souffles s’élèvent devant les Services de communications et de trafic maritimes, aux Escoumins. Est-ce le retour du rorqual commun? Impossible de le savoir. Cette même journée, un béluga solitaire traverse l’horizon. La veille, ils étaient trois.

Plusieurs fois au cours des derniers jours, le collaborateur du GREMM Renaud Pintiaux observe un béluga solitaire devant le cap du Bon-Désir, aux Bergeronnes. À chaque plongée, il montre la queue, un comportement relativement peu fréquent chez les bélugas. Certains individus montrent la queue parce qu’ils ont une déformation de la colonne. D’autres pourraient avoir une souplesse du bas du dos différent des autres. Parfois, la queue se lève pour une plongée rapide et abrupte.

À Cloridorme, le 16 mars, une riveraine capte deux souffles au loin alors qu’elle stationne sa voiture. La lumière de fin du jour ne lui permet pas de poursuivre ses observations, mais déjà, de voir des expirations d’une grosse baleine lui donne hâte à l’été.

À Baie-Comeau, le 17 mars, de grands souffles apparaissent en direction de Rimouski. Le promeneur profite de la caresse du soleil pour les contempler. Il attend avec impatience les petits rorquals qui s’approchent du quai de Baie-Comeau. Les premiers petits rorquals sont vus dans ce secteur à la fin mars ou au début avril, selon les saisons. Il est donc à l’affut!

Qui se cache sous ce souffle?

La forme du souffle de chaque espèce varie, en raison de la forme des évents et de leur localisation sur le corps de la baleine. Le cachalot n’a qu’un évent ouvert, situé sur le côté gauche de la tête, ce qui rend son souffle oblique. La baleine noire de l’Atlantique Nord a des évents relativement séparés, qui envoient un jet d’air comprimé de chaque côté, formant un souffle large et diffus. Le gigantesque rorqual bleu, lui, semble projeter un geyser au-dessus de sa tête. Parlant de rorqual bleu, la femelle Iris a été identifiée en février au large de Matane. René Roy en parle dans son carnet de terrain.

Pour parvenir à identifier les espèces par la forme des souffles, il faut bien des heures de pratique! Comme pour toute activité, la pratique avec une personne expérimentée comme un ou une naturaliste vous aidera à développer vos capacités d’identification des espèces.

Les étranges comportements des phoques communs

Deux employés du GREMM profitent du coucher de soleil pour marcher le long de la baie de Tadoussac. Dans l’eau, des mouvements attirent leur attention. Deux phoques communs ont de drôles de comportements. «On dirait qu’ils se courent après, je ne sais pas si c’est du jeu, quelque chose de sexuel ou de la bagarre, mais c’est impressionnant à voir! Ils sautent, roulent, marsouinent. Un des deux semble vouloir pourchasser l’autre», relate Mathieu Marzelière, assistant de recherche. Les chanceux ont pu filmer une partie des interactions, que vous pouvez voir au ralenti pour bien observer les mouvements ici!

Observations de la semaine - 18/3/2021

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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