Leur corps tonique mesure de 2 à 2,7 mètres, est noir, blanc, gris et jaune-beige. Des dauphins à flancs blancs de l’Atlantique! Quinze individus bondissent dans la baie de Gaspé le 5 juillet. «D’habitude, on ne les voit pas avant la fin juillet», commente un croisiériste d’expérience. Aussitôt arrivés, aussitôt repartis, les dauphins à flancs blancs n’auront visité la baie qu’une journée.

Dans le golfe du Saint-Laurent, on estime leur nombre à 12 000 individus. C’est bien plus que les bélugas du Saint-Laurent (environ 900) ou même le troupeau de petits rorquals du golfe (environ 1000 individus). En de rares occasions, certains dauphins à flancs blancs remontent jusqu’à l’estuaire. Et leur visite ne passe jamais inaperçue : les dauphins ont des comportements aériens impressionnants!

Une autre espèce fait des prouesses aériennes : le rorqual à bosse. Alors qu’elle installe sa tente sur l’ile Nue de Mingan, une campeuse entend un claquement sur l’eau. Elle se retourne pour assister à un saut, puis un autre, encore un, jusqu’à dix sauts consécutifs d’un rorqual à bosse.

Parlant de rorquals à bosse, la Station de recherche des iles Mingan (MICS) a ajouté une génération à l’arbre généalogique de Pseudo (H008). En 1982, elle a donné naissance à la femelle Fleuret. Fleuret engendre à son tour des baleineaux, jusqu’à sept de connus! Le dernier, Hockey, est né en 2003. Cette année, Hockey a été photographiée avec un nouveau-né au large de Sept-Îles par un collaborateur de la Station et observateur de longue date, Jacques Gélineau. Pseudo est donc arrière-grand-mère. Une première à être documentée dans le Saint-Laurent.

Près de l’ile Bonaventure, en Gaspésie, six rorquals à bosse enthousiasment les touristes visant la colonie de fous de Bassan. Un individu claque la queue à la surface, un comportement qu’on appelle le «tailslapping», pendant de longues minutes. Plus tard, une mère enseigne à son baleineau à sauter. «Pendant 20 minutes, je vois la mère faire un saut majestueux, suivi d’un saut pas très convaincant du petit, et ainsi de suite. C’était vraiment spectaculaire, au point où pour une rare fois, les fous et leurs poussins sont passés en deuxième», s’exclame un naturaliste.

Deux rorquals à bosse ont aussi fait leur entrée en duo dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent le 9 juillet. Un a la queue pratiquement toute noire, tandis que l’autre l’a toute blanche. Ils ont été identifiés comme H887 et H916, deux rorquals à bosse observés dans l’estuaire pour la première fois l’été dernier. Resteront-ils plus longtemps que Tic Tac Toe et Snowball? À suivre!

Du côté de Baie-des-Sables, un petit rorqual passe souvent près de la berge et près du bout du quai, tandis qu’un phoque sort la tête hors de l’eau. Il sort même jusqu’à un tiers de son corps. «C’est la première fois que je vois ça. Je ne sais pas ce qu’il fait, mais j’ai l’impression qu’il se nourrit de petits poissons», rapporte l’observateur.

À la limite de l’estuaire, au phare dePointe-des-Monts, des visiteurs s’exclament: «Des bélugas!» le 8 juillet. La naturaliste sur place est intriguée, il est très rare de voir des bélugas à cet endroit, à ce temps-ci de l’année. Elle sort dehors, et constate bien qu’il ne s’agit pas de «béluvagues», mais bien d’un béluga à moins de 100 mètres du rivage. Les visiteurs affirment en avoir compté au moins 6. Quelques jours plus tôt, six rorquals communs traversent l’horizon vers l’amont. Se sont-ils rendus dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent? En tout cas, des dizaines d’individus rorquals communs sont identifiés par photo.

Au large de Tadoussac, les premiers bélugas nouveau-nés nagent maladroitement auprès de leur mère. Encore plus qu’à l’habitude, les bélugas femelles et les jeunes ont bien besoin de quiétude pour traverser les premières semaines de vie des petits. Si vous optez pour une sortie en mer, prenez soin des bélugas en gardant vos distances.

Voici la carte des observations de la semaine. Cette carte représente seulement les observations qui me sont rapportées. Elle n’est pas une carte scientifique et ne donne qu’un aperçu de la biodiversité.

Observations de la semaine - 12/7/2019

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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