Par Stéphanie Tremblay

Les différences entre certaines espèces sont parfois tellement imperceptibles qu’on les confond. Les globicéphales, entre autres, se ressemblent à quelques distinctions près. Les globicéphales qu’on observe à l’occasion dans le Saint-Laurent sont-ils les mêmes que ceux qu’on trouve dans les Caraïbes?

Deux espèces de globicéphales existent : le Globicephala melas et le Globicephala macrorhynchus. Ils habitent tous les deux dans des environnements semblables, mais dans des aires de répartition différentes.

Les Globicephala melas vivent selon une distribution anti-tropicale. Les populations nordiques de globicéphales noirs de l’Atlantique se retrouvent plus au nord, dans les eaux du Groenland, de l’Islande, de la mer de Barents ou de l’ouest de la mer Méditerranée. Les Globicephala melas edwardii, quant à eux, vivent dans l’hémisphère sud, près du pôle Sud, parfois même près de côtes de l’Antarctique. On retrouve donc cette espèce uniquement dans les eaux fraiches et tempérées et dans les régions subpolaires.

La large bande d’eaux tempérées chaudes autour de l’équateur que les Globicephala melaslaissent de côté est occupée par les globicéphales tropicaux (Globicephala macrorhynchus). Comme leur nom l’indique, ils naviguent dans des eaux chaudes tempérées dans les milieux plus tropicaux et subtropicaux.

Ceux que l’on retrouve dans le Saint-Laurent sont donc les globicéphales noirs de l’Atlantique, alors que ceux qui vivent dans les eaux chaudes des Caraïbes appartiennent à l’espèce des globicéphales tropicaux.

Ils se ressemblent beaucoup, alors il est possible de les confondre. La principale différence visuelle entre les espèces réside dans la grosseur de leurs nageoires pectorales. Les globicéphales tropicaux ont de plus petites nageoires. Ils ont aussi moins de dents. La forme de la tache qu’ils ont sur le ventre diffère aussi : une ancre blanche se forme sur celui des globicéphales noirs de l’Atlantique alors que celle des tropicaux est une ligne étroite vers la gorge et plus diffuse vers la région uro-génitale.

Comme on ne voit surgir de l’eau que le haut de leur corps, les différencier visuellement devient une tâche difficile. En mouvement, les nageoires sont difficiles à discerner et les taches sont cachées par l’eau. D’ailleurs, les zones ne sont pas aussi fixes que des frontières terrestres. Les deux espèces peuvent parfois se côtoyer, ce qui complexifie encore plus la différenciation.

Malgré tout, les globicéphales observés dans le Saint-Laurent sont toujours des globicéphales noirs de l’Atlantique, puisque le Québec se situe beaucoup trop au nord pour qu’un observateur rencontre ceux des Caraïbes, soit les globicéphales tropicaux.

Pour en savoir plus

  • (2002) Knopf, A.A. Guide to Marine Mammals of the World. National Audubon Society.
Les baleines en questions - 17/10/2017

Collaboration Spéciale

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