Les baleines produisent une multitude de signaux (sonores, tactiles, visuels) pour échanger de l’information. L’audition est leur principal sens et la panoplie de sons s’étend entre 5 et 200 000 Hertz, surpassant largement les capacités auditives de l’homme. La fréquence utilisée et entendue dépend principalement de l’espèce et de l’activité. Les rorquals produisent des sons de très basses fréquences voyageant sur des centaines de kilomètres. Le chant complexe des rorquals à bosse suit un ordre bien spécifique. Les baleines à dents possèdent des répertoires vocaux très variés, probablement liés à leur comportement social développé. Chez les épaulards, chaque groupe familial possède un dialecte spécifique, présentant ses propres variations dans la tonalité ou la fréquence, et certains sons correspondent à la reproduction ou à la communication. Les cachalots d’un clan ont en commun des patrons de vocalises pour communiquer, se reconnaître et établir leurs liens sociaux, mais une femelle et son nouveau-né utilisent un patron distinct pour s’identifier. Et pour les bélugas, qui passent une partie de leur vie dans un milieu où le bruit des glaces est omniprésent, posséder un large répertoire vocal est essentiel. De plus, selon une récente étude, les grands dauphins s’adresseraient à leurs congénères par leur « nom » à certains moments. Il est encore à étudier s’ils le font de manière intentionnelle, mais cette capacité à se « nommer » individuellement, en ne faisant référence qu’à soi-même ou à chacun de ses congénères, serait unique dans le monde animal, en dehors des humains.

Mais les baleines ont-elles un langage comme le nôtre? Un langage au sens strict signifie la syntaxe, où l’ordre des mots détermine le sens. Des études réalisées sur des dauphins en captivité ont démontré que ces animaux pouvaient comprendre la syntaxe du langage humain grâce à des associations d’images et de sons, et mémoriser une centaine de mots pouvant répondre à des commandes précises. Mais cette «communication» demeure unidirectionnelle pour le moment. Plusieurs autres chercheurs se penchent aussi sur cette question non résolue. Mais ce que nous savons : la communication vocale est extrêmement importante pour les baleines qui l’utilisent pour transmettre une foule d’informations à leurs congénères.

En savoir plus

Sur le site de National Geographic (en anglais seulement): What Are Killer Whales

Les baleines en questions - 18/12/2013

Marie-Sophie Giroux

Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005 et y a travaillé jusqu’en 2018. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».

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