Le petit rorqual Santafin devant le cap de Bon-Désir… par Renaud Pintiaux

  • 07 / 12 / 2015 Par Renaud Pintiaux

    Chance et patience. Voilà les deux mots-clés pour espérer faire de belles observations de mammifères marins depuis le rivage l’hiver. Ce 2 décembre, j’ai fait preuve de beaucoup de patience et la chance était au rendez-vous!

    RPI_5159Je suis posté sur les rochers du cap de Bon-Désir en matinée. À peine arrivé, je repère six bélugas qui se déplacent à vive allure en direction de l’ouest. Des adultes, des mâles de taille imposante.

    RPI_5164_modifié-2Quelques minutes plus tard, une tête surgit hors de l’eau, un phoque du Groenland, un «éclaireur» avant l’arrivée des autres phoques qui passeront l’hiver dans notre secteur.

    Trente minutes plus tard, je scrute le large avec mes jumelles et je repère un grand souffle à près de 5 milles au large du cap. Une dizaine de respirations puis, au moment de la plongée, je distingue très bien une immense queue s’élever hors de l’eau, c’est un rorqual bleu!

    Ruiquiqui-RPI_5199

    Riquiqui

    Un peu à l’ouest, j’observe aux jumelles deux petits rorquals qui s’alimentent à la surface de l’eau. Soudain, l’un de ces deux individus se met en route vers le nord-est, le long de la côte, vers moi! Quelques minutes plus tard, le voici qui passe à une trentaine de mètres devant moi. Il est suivi un peu plus tard par le second individu. Le soir, la chercheuse Ursula Tscherter (ORES), spécialiste des petits rorquals de l’estuaire, voit mes photos et identifie ces deux individus! Il s’agit de Santafin, le premier, et de Riquiqui.

    Profitons-en pour parler de Santafin. Il s’agit d’un petit rorqual photographié pour la première fois en 1999 par le groupe ORES. Selon cette équipe, cet individu aurait toujours été mentionné dans le secteur de la tête du chenal Laurentien, surtout entre les secteurs du cap de Bon-Désir et la pointe à la Carriole. En voilà donc un qui n’a pas changé ses habitudes! Le 3 août 2006, Santafin portait alors une blessure très récente, une profonde entaille faisant plier la nageoire dorsale vers la droite. Le 19 août de la même année, sa nageoire dorsale était encore davantage pliée. En 2015, cette blessure semble s’être cicatrisée, mais elle est toujours bien visible.

     

    Photos: © Renaud Pintiaux

    4417_112829709745_3688559_n_modifié-1-e1432474398285Assistant de recherche au GREMM de 2003 à 2009 et de 2012 à 2014, Renaud Pintiaux est un observateur et un photographe passionné. Hiver comme été, de la rive ou en bateau, il saisit toutes les occasions de rencontrer les mammifères marins et les oiseaux du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.