Par François Vachon

L’année 2017 s’est avérée particulièrement sombre pour les baleines noires. Au total, 17 carcasses d’individus ont été trouvées dans l’Atlantique Nord. De ce nombre, 12 ont été repérées dans le golfe du Saint-Laurent — certains animaux ayant succombé à des collisions avec des navires ; d’autres à des empêtrements dans des engins de pêche. À l’heure actuelle, la population en voie d’extinction compte quelque 450 individus, dont seulement une centaine de femelles en mesure de se reproduire.

Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc, avait déjà annoncé l’adoption de mesures destinées à encadrer la pêche au crabe des neiges. Le 27 mars dernier, M. LeBlanc et son collègue des Transports, Marc Garneau, ont tenu une conférence de presse à Ottawa pour annoncer des mesures de protection additionnelles visant à protéger la baleine noire.

Les nouvelles mesures annoncées

Premièrement, la saison de pêche sera devancée dans la zone 12 (dans le sud du golfe) pour permettre aux pêcheurs d’atteindre leurs quotas de pêche avant l’arrivée des baleines noires dans le golfe. Un brise-glace de la Garde côtière veillera à ce que les pêcheurs du nord du Nouveau-Brunswick soient en mesure de prendre la mer le plus tôt possible.

En outre, les pêcheurs devront retirer leurs équipements de l’eau avant le 30 juin, soit deux semaines plus tôt que les dernières saisons. De même, le nombre de casiers qu’il leur sera permis de mettre à l’eau sera réduit par rapport à 2017. Ils devront assurer un suivi plus rigoureux des bouées et des cordages et rapporter tout contact avec des baleines. Après le 28 avril, les pêcheurs devront pêcher dans les zones où aucune baleine n’a été aperçue depuis le début de la saison l’année dernière.

Quant à lui, le ministre Garneau a annoncé que la limitation de vitesse serait aussi imposée plus tôt cette année. Du 28 avril au 15 novembre, les navires de 20 m et plus seront donc tenus de réduire leur vitesse à 10 nœuds (18,5 km/h) lorsqu’ils naviguent dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent. Ils pourront toutefois garder leur vitesse de croisière normale dans certaines voies de navigation au nord et au sud de l’ile d’Anticosti lorsqu’il n’y a pas de baleines. La surveillance sera accrue dans les airs comme sur l’eau pour repérer les baleines noires. Une pénalité maximale de 25 000 $ est prévue pour les contrevenants.

L’une des annonces majeures de la conférence est sans aucun doute la levée du moratoire sur les opérations de sauvetage de baleines empêtrées dans des cordages. Cette mesure avait été adoptée l’été dernier, après le décès du sauveteur de baleines Joe Howlett. Selon le ministre LeBlanc, Pêches et Océans Canada travaille actuellement à la mise au point d’un protocole qui assurera la sécurité des équipes de sauvetage lors de désempêtrements.

Les zones de pêche où des baleines auront été aperçues cette année seront fermées pour une période de 15 jours. Pour que cette restriction soit levée, deux patrouilles aériennes devront confirmer que les baleines ont bien quitté les zones.

Enfin, de nouveaux prototypes de casiers comportant une bouée immergée qui retient les cordages sous l’eau seront mis à l’essai en cours de saison.

Le ministre LeBlanc a précisé que les mesures proposées étaient adaptables et que d’autres pourraient s’ajouter, s’il y a lieu. Il a également déclaré que le Canada se devait d’adopter des mesures vigoureuses pour éviter que la réputation de l’industrie des pêches en matière de protection des espèces en voie de disparition ne soit minée davantage.

Actualité - 3/4/2018

Collaboration Spéciale

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