La saison d’observations s’étire en Gaspésie…

  • Irisept vue en Gaspésie en 2015 © GREMM
    28 / 09 / 2015 Par Marie-Sophie Giroux

    On se croirait en plein été avec les rapports d’observations de nos collaborateurs de la Gaspésie. Entre les villages de Cap-des-Rosiers et Cap-Gaspé, tous les jours depuis une semaine, près d’une vingtaine de grands rorquals sont repérés du haut des hautes falaises qui surplombent la mer. Toutefois, se rendre dans ces secteurs en bateau n’est pas si simple, les conditions météo, comme les forts vents, rendent la navigation ardue et même parfois impossible. Dans la région de Gaspé, les observateurs en mer ont croisé la route de quatre rorquals à bosse, dont la femelle Irisept, accompagnée d’un animal de plus petite taille, six rorquals communs et une dizaine de petits rorquals. À Percé, un excursionniste a littéralement été encerclé par une centaine de dauphins à flancs blancs et a observé environ sept rorquals communs et quatre rorquals à bosse près de l’île Bonaventure.

    Et les mammifères marins ne sont pas les seuls qui retiennent l’attention…

    Les observations dans cette région ne concernent pas seulement des baleines. Les thons rouges de l’Atlantique et leur rapidité attirent aussi l’attention. Ils sont vus pratiquement chaque jour dans la baie de Gaspé. À Percé, deux tortues luths sont repérées. Cette tortue, la plus grosse des tortues marines (jusqu’à 2 m de long et un poids jusqu’à 900 kg) est aussi le plus gros des reptiles. Elle se trouve particulièrement dans les eaux du Canada atlantique de juillet jusqu’à la fin d’octobre, les densités les plus élevées étant sur le plateau et le talus néo-écossais, dans le sud du golfe du Saint-Laurent et sur la côte sud de Terre-Neuve. Excellente plongeuse, elle atteint des profondeurs de 1 000 mètres et peut rester sous l’eau pendant plus d’une heure. Elle se nourrit presque exclusivement de méduses, des proies aussi très recherchées par les poissons-lunes dont trois individus ont aussi été observés dans ce secteur de la Gaspésie.

    Autres chasseurs sous-marins qui ne sont pas des mammifères: les petits pingouins. Gauches lorsqu’ils se déplacent sur le sol, car leurs pattes sont placées très en arrière du corps, leur vol est toutefois rapide, bref et saccadé. Leurs petites ailes courtes et arrondies ne leur permettent pas d’effectuer de longs vols ni de planer, mais elles sont parfaitement adaptées pour nager. Ces oiseaux sont des plongeurs accomplis capables d’atteindre une dizaine de mètres de profondeur. Depuis deux semaines, notre collaboratrice de Franquelin, en Côte-Nord, observe plusieurs petits pingouins près du rivage. Elle nous rapporte aussi l’observation rapprochée, voire très rapprochée à environ 30 m de la côte, d’un rorqual commun le 26 septembre.

    Caïman © GREMM

    Dans la région comprise entre Les Escoumins et Tadoussac, deux rorquals communs ont été vus dont Caïman. Depuis sa première observation en 1986, cette femelle a été observée presque tous les ans; cela fait de ce rorqual commun le plus observé dans l’histoire du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.