«Incroyable!», ce mot est revenu dans presque toutes les conversations avec les observateurs et les observatrices cette semaine. D’abord, revenons sur une observation exceptionnelle : celle d’au moins deux épaulards au large de Grande-Vallée, Gaspésie, le 23 mai. Un adulte et un jeune ont été confirmés, avec la possibilité que d’autres individus aient été présents.

Le 26 mai, voilà qu’un pêcheur dans le banc Bradelle, au large entre l’ile Bonaventure et Cap-aux-Meules, voit une baleine sauter. Et pas n’importe laquelle : un épaulard. L’orque saute à de nombreuses reprises. La fonction des sauts, qu’on appelle aussi «breach», reste mystérieuse. Elle peut servir à communiquer sur de longues distances par la création d’un claquement sonore lorsque le corps massif de la baleine retombe et trouble l’eau, créant des bulles et remous. Les sauts pourraient aussi servir à s’entrainer physiquement, à intimider des adversaires ou encore à effrayer des proies pour les manger. Finalement, les sauts pourraient aussi être une activité de jeu.

La population d’épaulards qui visite le Saint-Laurent est celle de l’Atlantique Nord-Ouest et de l’est de l’Arctique. C’est une population très peu connue, par rapport à celles qui habitent le Pacifique. Les observations du plus gros des dauphins ici sont assez rares, ce qui rend d’autant plus incroyable cette vidéo prise par le pêcheur et éditée par notre collaborateur René Roy.

Encore en Gaspésie, du côté de Grande-Grave, dans le parc national Forillon, ce sont des rorquals à bosse qui ont été observés en train de sauter le 24 mai. En plus des sauts, les rorquals à bosse ont claqué leur queue à la surface, ce qu’on appelle du «lobtailing» et frappé les pectorales, ce qu’on surnomme «flipper flapping» ou «flippering». Deux rorquals communs sont aussi observés cette journée un peu plus au large et un rorqual bleu deux jours plus tard.Une autre espèce reconnue pour ses sauts est le petit rorqual, le plus petit de tous les roquals.

Et ces jours-ci, là où il y a du capelan, ils pullulent! De Newport à Saint-Maxime-du-Mont-Louis, les petits rorquals charment les observateurs. Une observatrice de Sainte-Anne-des-Monts trouve assez incroyable de les observer tous les jours depuis le 23 mai en alimentation devant sa maison. Du matin au soir, elle note leur présence. Voit-elle toujours les mêmes individus? C’est possible! Dans tous les cas, elle profite du spectacle de ces baleines en alimentation.

Et sur la Côte-Nord

Profitant du beau temps, un planchiste pagaie au large de Gallix, près de l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite, le 25 mai en avant-midi. Des grands souffles explosifs le font sursauter : deux rorquals à bosse s’alimentent en surface, leur immense bouche engouffrant probablement de gargantuesques bouchées de capelans. Un petit rorqual et des phoques profitent aussi de cette manne.

Plus au large, un capitaine d’excursion d’observation des baleines repère cinq rorquals bleus. Deux autres rorquals bleus sont repérés au large de Port-Cartier. Entre Matane et Pointe-des-Monts, René Roy a photographié son premier rorqual bleu de la saison, B389. Découvrez sa rencontre dans son carnet de terrain. Un autre capitaine croise la route d’un rorqual à bosse accompagné d’un veau. Pour le moment, la femelle n’a pas été identifiée.

Dans le secteur du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, un rorqual commun, un rorqual à bosse, plusieurs petits rorquals ainsi que des bélugas sont observés.

La semaine prochaine, ce sera le retour de la carte des observations! N’hésitez pas à me transmettre ce que vous avez vu.

Observations de la semaine - 29/5/2019

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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