Est-ce qu’il y a déjà eu des échouages de baleines dans le Saint-Laurent comme le cas des globicéphales survenu dernièrement en Floride ?

  • Échouage de globicéphales à Trois-Pistoles, 1930 - Gracieuseté de François Côté (Archive)
    11 / 12 / 2013 Par Marie-Sophie Giroux -

    Oui. À l’automne 2009, huit globicéphales noirs s’échouaient dans le secteur de Fatima aux îles de la Madeleine; ils étaient déjà morts au moment où ils ont été trouvés. Plus nombreux encore, c’est 27 globicéphales qui s’échouaient près de Trois-Pistoles le 31 août 1930, comme en témoigne cette photo d’archives. Cette espèce grégaire, proche parente de celle impliquée dans l’incident en Floride la semaine dernière, fréquente les eaux du golfe Saint-Laurent, et des échouages collectifs de globicéphales se sont produits à plusieurs reprises dans l’Est du Canada, impliquant parfois plus de 200 animaux.

    Plusieurs hypothèses sont émises pour expliquer ces échouages de baleines qui ont probablement des causes multiples selon les cas. Leur sens de l’orientation est peut-être affecté par une maladie, une blessure ou un parasite. Une perturbation des champs magnétiques, qu’elles suivraient lors de leur migration, ou une topographie particulière pourrait les induire en erreur. Des espèces pélagiques, habituées aux grandes profondeurs océaniques, se font possiblement prendre par la marée dans des estuaires peu profonds. Dans le cas des échouages collectifs, les baleines suivent peut-être leur chef désorienté, ou rejoignent un individu déjà échoué émettant un signal de détresse. Les activités humaines pourraient aussi jouer un rôle déclencheur. Les Nations Unies, la National Oceanic Atmospheric Administration (NOAA) aux États-Unis et la Commission baleinière internationale (CBI) ont suggéré que l’usage de sonars actifs militaires et les échouages de cétacés pouvaient être liés. Les changements climatiques et les variations de la température de l’eau de mer à grande échelle pourraient aussi perturber l’environnement habituel et la navigation des baleines.

    Dans l’estuaire du Saint-Laurent, ces échouages collectifs demeurent rares, car les espèces plus souvent impliquées dans ce type d’incident, comme les globicéphales et les cachalots, y sont rares. Puis, parfois, l’échouage ne concerne qu’un seul individu. Le 25 novembre dernier, un dauphin bleu et blanc était retrouvé échoué vivant à Port-Alfred au Saguenay. L’animal est finalement mort et l’on soupçonne l’hypothermie pour cet animal habitué aux eaux tempérées. En 2012, un petit rorqual avait été retrouvé échoué vivant dans une crique aux Bergeronnes en Côte-Nord, mourant peu de temps après; il aurait fait une fausse manœuvre en pourchassant des poissons. En 2008, un béluga nouveau-né était retrouvé vivant sur une plage de Charlevoix. Le lendemain, une équipe le remettait à l’eau en présence d’autres bélugas; une femelle semblait l’avoir adopté vers la fin de la journée, mais le mystère reste entier sur son sort.

    Pour en savoir plus:

    La fiche descriptive du globicéphale noir de l’Atlantique