Des rassemblements de grands rorquals, de la Côte-Nord à la Gaspésie

  • Les souffles des grands rorquals peuvent être audibles à des centaines de mètres par temps calme, mais surtout, ils peuvent être visibles à des kilomètres! © GREMM
    26 / 06 / 2019 Par Jeanne Picher-Labrie

    Cette semaine, les grands rorquals ne passent pas inaperçus : leurs puissants souffles attirent l’œil des observateurs.

    Le 25 juin, au large de Gaspé, un croisiériste assiste à un enchainement de grands souffles. Six rorquals à bosse plongent, très près les uns des autres. Quelques jours plus tôt, il en avait reconnu deux : Irisept et Bolt. Lors de trois sorties en mer, il a observé deux rorquals bleus. Est-ce toujours les mêmes individus ? Toute la semaine, il a aussi croisé des petits rorquals et des rorquals communs.

    Toujours en Gaspésie, notre collaborateur René Roy, qui participe à l’effort de photo-identification des grands rorquals pour le MICS, a aussi eu la chance de contempler des «murs de souffles». Un regroupement si dense de grands rorquals le surprend. Qu’est-ce qui les amène à se réunir en si grand nombre ? Puisque les baleines viennent dans le Saint-Laurent pour s’alimenter pendant la saison estivale, on peut supposer que la région offrait une abondance de nourriture cette semaine. Il a aussi repéré deux paires mère-baleineau, une chez les rorquals à bosse et l’autre chez les rorquals communs.

    Une mère rorqual commun et son nouveau-né © GREMM

    Une mère rorqual commun et son nouveau-né © GREMM

    Malgré les apparences, les baleines ne sont pas toutes en Gaspésie ! À Sept-Îles, un observateur a pu voir des bancs de krill en surface. Et les baleines semblent en avoir profité ! Une douzaine de rorquals communs est observée à 5 milles marins de l’ile du Corossol, au large de Sept-Îles. Au moins deux rorquals à bosse sont également passés par là cette semaine. Un observateur a reconnu «Petite fleur», un rorqual à bosse qu’il a surnommé ainsi à cause de sa queue singulière, en forme de triangle. L’autre individu serait un nouveau venu dans le secteur. Il a aussi observé sept ou huit petits rorquals qui longeaient la côte. Selon lui, leur présence pourrait être attribuée à celle du capelan. Des groupes de marsouins communs et de fous de Bassan sont aussi arrivés en Basse-Côte-Nord. Il y aurait donc actuellement dans le secteur du hareng et du maquereau, des proies appréciées de ces deux espèces.

     

    Les marsouins communs peuvent être vus seuls, en paires ou en groupes. © GREMM

    Pendant la fin de semaine, Tic Tac Toe et Snowball sont passées devant Les Bergeronnes. L’observatrice les reconnait par leur nageoire caudale caractéristique : celle de Tic Tac Toe arbore beaucoup de blanc et un grand X noir alors que celle de Snowball est presque toute noire, avec seulement deux petites taches blanches. Depuis, elles n’auraient pas été revues. Un nouvel individu rorqual à bosse serait toutefois arrivé dans le secteur ! Le 25 juin, elle note aussi la présence de quelques bélugas et petits rorquals. La même journée, une dizaine de bélugas sont aperçus à Saint-Siméon, depuis le quai de Port-au-Persil.

    Et voici la carte des observations! Elle donne une idée de la présence de baleines dans certains secteurs, mais elle ne constitue pas un recensement systématique. À consulter pour le plaisir!


    Cliquez sur les icônes de baleine ou de phoque pour découvrir l’espèce, des informations supplémentaires ou des photos de l’observation.  Pour agrandir la carte, cliquez sur l’icône du coin supérieur droit. 

    Pour faire apparaitre la liste des observations, cliquez sur l’icône du coin supérieur gauche. 

    Légende pour les icônes de baleine

    Bleu pâle: rorqual bleu
    Gris pâle: petit rorqual
    Gris foncé: rorqual commun
    Noir : baleine noire
    Turquoise : rorqual à bosse
    Jaune: espèce inconnue

    Légende pour les icônes de dauphin

    Blanc: béluga
    Brun: marsouin commun

    Légende pour les icônes de phoque

    Gris foncé: phoque gris
    Brun: phoque du Groenland
    Turquoise: phoque commun


    Jeanne Picher-Labrie a rejoint l’équipe de Baleines en direct en 2019 et est maintenant naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac. Étudiante au baccalauréat en biologie, elle est depuis toujours émerveillée par la nature. Elle en apprend chaque jour un peu plus sur les mammifères marins du Saint-Laurent et souhaite partager sa fascination grâce à la vulgarisation scientifique.