Par définition, la taxonomie est une science visant l’étude de la diversité du monde vivant. Pour ce faire, les différents organismes sont classés en groupes en tenant compte de leurs caractéristiques physiques et génétiques. Baleines en direct se penche aujourd’hui sur la taxonomie des baleines afin de comprendre ce qui distingue les différentes familles et espèces.

Petite leçon de latin!

Le système de classification du vivant utilisé aujourd’hui a été créé par le botaniste Carl Linnaeus en 1757. Il s’agit d’un classement allant du plus général au plus spécifique où chaque niveau s’imbrique dans le précédent. La classification taxonomique comporte 8 niveaux : domaine, règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre et espèce. Des sous-ordres et sous-familles se glissent parfois entre les niveaux. Ce système de classification permet de mieux comprendre comment les espèces sont liées les unes aux autres.

Les noms utilisés dans la taxonomie proviennent du grec ou du latin, d’où la complexité à les lire et les prononcer. Cependant, l’utilisation du grec et du latin permet un langage universel et une compréhension globale pour tous les scientifiques qui y ont recours. La nomenclature binomiale est utilisée pour donner le nom scientifique d’une espèce. Autrement dit, le nom scientifique comporte deux termes : le nom du genre auquel l’espèce appartient, suivi du nom spécifique qui lui est attribué. Par exemple, le lion appartient au genre Panthera et possède le nom spécifique leo, lui conférant ainsi le nom scientifique Panthera leo.

Pour ce qui est de la classification taxonomique des baleines, elles font partie du règne Animalia, soit l’ensemble des espèces animales. Celles-ci sont caractérisées comme étant des eucaryotes multicellulaires, ce qui signifie qu’elles sont constituées de multiples cellules possédant toutes un noyau. Les autres règnes se distinguent notamment par la présence d’un noyau cellulaire (eucaryote) ou l’absence (procaryote) et par le nombre de cellules (multicellulaires ou unicellulaire). Par exemple, le règne Bacteria regroupe les organismes procaryotes unicellulaires, qui sont composés d’une seule cellule exempte de noyau. Les baleines prennent ensuite l’embranchement des Chordata, soit des organismes ayant la forme la plus élémentaire d’un squelette interne. Elles s’insèrent dans la classe des Mammalia, soit des mammifères, puis dans l’ordre des Cetacea, soit les mammifères qui vivent exclusivement sous l’eau. Les cétacés sont ensuite classés selon la présence de dents ou de fanons. Les bélugas, les marsouins, les dauphins, les épaulards et les cachalots font partie des cétacés ayant des dents, soit le sous-ordre Odontoceti. À l’opposé, les espèces de baleines à fanons font partie du sous-ordre Mysticeti. Dans ce sous-ordre, plusieurs familles sont classées et organisées. Les choses se compliquent!

La famille Balaenidae

La famille Balaenidae comprend les baleines à fanons, autrefois appelées «baleines franches». Cette appellation trouve ses origines à l’époque où les baleines étaient chassées. Les «baleines franches» ou «bonnes baleines (right whales)» étaient les baleines plus grosses, et plus lentes, faisant d’elles des cibles plus faciles pour les chasseurs. Les espèces appartenant à cette famille se distinguent par la grandeur de leurs fanons qui influencent la façon qu’elles s’alimentent. En effet, ces espèces sont dites «écrémeuses», c’est-à-dire qu’elles se déplacent à la surface de l’eau avec la gueule ouverte pour collecter leurs proies. Dans cette famille, quatre espèces distinctes sont classées en deux genres. D’un côté, le genre Eubalaena comprend la baleine franche australe (Eubalaena australis), la baleine noire du Pacifique nord (Eubaleana japonica) et la baleine noire de l’Atlantique nord (Eubalaena glacialis). Seule cette dernière est parfois aperçue dans le Saint-Laurent. De l’autre côté, la baleine boréale ou baleine du Groenland (Balaena mysticetus) est la seule espèce appartenant au genre Balaena.

La famille Balaenopteridae

 La famille Balaenopteridae comprend les espèces de baleines à fanons qui sont caractérisées par des sillons ventraux. Ces espèces utilisent leurs sillons pour s’alimenter, leur permettant d’ingérer une grande quantité de crustacés et de poissons. On les appelle communément les rorquals. Les rorquals, contrairement aux baleines franches, sont des engouffreurs, c’est-à-dire qu’ils collectent une grande quantité de proies et d’eau en remontant vers la surface pour ensuite expulser l’eau. Ces espèces ont également tendance à avoir une morphologie plus mince et allongée, ainsi que moins de masse graisseuse. Huit espèces font partie de cette famille et sont reparties en deux genres différents. D’abord, le genre Megaptera englobe une seule espèce, soit Megaptera novaeangliae, plutôt connue sous le nom de rorqual à bosse. Puis, le genre Balaenoptera comprend le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata), le petit rorqual de l’Antarctique (Balaenoptera bonaerensis), le rorqual boréal (Balaenoptera borealis), le rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni), la baleine de Rice (Balaenoptera ricei), le rorqual bleu (Balaenoptera musculus), le rorqual d’Omura (Balaenoptera omurai) et le rorqual commun (Balaenoptera physalus).

Pour en savoir plus

  • (2014) Prescott, J. et Richard, P. Mammifères du Québec et l’Est du Canada. (Canada). Éditions Michel Quintin, 3e éd.
  • (2009) Perrin, W. F., Thewissen, J. G. M. et Wursig. B. Encyclopedia of Marine Mammals. (États-Unis). Academic Press, 2e éd.
  • (1997) Harrison, R. et Bryden, MM. Baleines, dauphins et marsouins. (Canada). Éditions Bordas.
Les baleines en questions - 3/11/2022

Marianne Houle

Marianne Houle est stagiaire à la rédaction au GREMM pour l’automne 2022. Étudiante au baccalauréat en études de l’environnement, elle cultive depuis son jeune âge une grande passion pour les animaux et le milieu aquatique. La vulgarisation et le journalisme scientifique sont pour elle des outils permettant de démocratiser la science.

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