Comme une tornade de neige

  • Malgré le froid et la tempête, un rorqual bleu a été observé à Baie-Comeau le 22 janvier. © GREMM
    23 / 01 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    La liste des observations cette semaine ressemble plutôt à un bulletin météo : fumée de mer, amas de glaces, bourrasque, tourbillon de neige, vent qui siffle et qui fait craquer les charpentes. La seule observation nous vient de Baie-Comeau, où un rorqual bleu a pu être observé le 22 janvier, quand enfin le ciel s’est dégagé. Le souffle chaud du rorqual crée une colonne blanche opaque au contact de l’air glacial.

    Tandis que nous, humains, gardons nos corps à l’abri dans nos maisons, les baleines et les phoques restent dans l’eau. Lorsqu’il fait des températures dignes de l’Arctique comme au cours des derniers jours, l’eau du Saint-Laurent refroidit en surface, mais ses températures restent semblables à l’habitude dans la colonne d’eau. Ainsi, pour les mammifères marins, l’impact des changements de température est atténué.

    Si la tempête soulève de fortes vagues et crée des turbulences, il est possible que les baleines quittent le secteur pour rejoindre le large, où les eaux auront tendance à être plus calmes. En effet, les secteurs peu profonds près des berges accentuent l’effet des vagues et augmentent les perturbations.

    Il est aussi possible que les baleines soient encore là et vaquent à leurs occupations habituelles. Des enregistrements acoustiques pris durant des tempêtes massives dans la baie de Cape Cod démontrent la présence de baleines qui communiquent de la même façon que les jours précédant la tempête et les jours suivants. Tandis qu’à la surface, les conditions sont extrêmes, sous l’eau, la vie continue à son habitude.

    Une autre hypothèse est que les baleines perçoivent les changements météorologiques d’avance et qu’elles quittent les secteurs à risque avant que la tempête ne commence.

    Et pour les phoques, les connaissances sur leurs réactions aux tempêtes sont encore plus minimales. Toutefois, les animaux sont résilients à leur environnement et leurs corps sont adaptés à des conditions difficiles. On peut donc supposer que, comme nous, ils trouvent un abri et reprennent leur quotidien lorsque la météo redevient plus clémente.

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.