Chercher les baleines avec ses oreilles

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    31 / 07 / 2015 Par Marie-Sophie Giroux

    À Longue-Pointe-de-Mingan, une trentaine de rorquals communs sont présents, des visages «connus» et de nouveaux arrivants. Sont-ils faciles à trouver? Plus ou moins, car la brume est aussi bien présente. Pour réussir, il faut chercher les baleines avec ses oreilles pour entendre leur souffle. C’est d’ailleurs en sursautant au son du puissant souffle d’un rorqual bleu qu’un excursionniste de Gaspé a repéré un rorqual bleu au large du cap de Gaspé. Certains observateurs estiment même parfois la distance de l’animal selon le temps écoulé entre l’apparition du souffle, suspendu dans les airs quelques secondes, et le son retentissant. Au site du Cap-de-Bon-Désir, aux Bergeronnes, les visiteurs et les naturalistes ont observé à plusieurs reprises un rorqual bleu le 27 juillet. Ils découvraient son gigantisme, sa peau bleutée et mouchetée, sa petite nageoire dorsale et son puissant souffle expulsé de son évent gros d’environ 40 à 50 cm.

    Les rorquals communs sont aussi plus nombreux dans l’estuaire. Parmi les reconnus : Orion, Bp913, Bp945, Bp918, Caïman et Bp910. Les animaux étaient rassemblés le 30 juillet près du phare du haut-fond Prince au large de Tadoussac. Certains s’alimentaient à la surface de l’eau. Bp945, suivi par l’équipe de Pêches et Océans Canada-GREMM grâce à une balise radio installée sur son dos le 29 juillet, surgissait à la surface de l’eau, tourné sur le côté, la gueule grande ouverte. En surface, il y avait du krill, et non loin en dessous, du lançon.

    © GREMML’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) remarquait aussi cette semaine des fèces rouges produites par les baleines ayant mangé… du krill! Les excréments produits suite à une alimentation de poissons sont plutôt bruns. Les fèces de baleines joueraient d’ailleurs un rôle dans la stabilité de l’écosystème marin. En effet, les baleines s’alimentent dans la colonne d’eau et rejettent leurs excréments en surface, recyclant ainsi les nutriments et créant une «pompe de baleine» bénéfique.

    Plus loin dans le golfe du Saint-Laurent, dans la région de Blanc-Sablon, «des centaines de rorquals à bosse sont présents depuis le 10 juillet environ», souligne Richard Sears, chercheur et fondateur du MICS, ainsi que des dauphins, des petits rorquals et des rorquals communs. Des baleines comme jamais!