Le 15 janvier, l’Anse-Saint-Jean, fjord du Saguenay, température ressentie avec le facteur éolien : – 28°C…

Cette température n’empêchera pas les adeptes de la pêche blanche d’entamer leur saison! Celle-ci devrait débuter sur le fjord du Saguenay le 16 janvier, et se terminer le 6 mars. Conditions nécessaires à la tenue de cette activité: la couche de glace sur l´eau doit être suffisamment épaisse pour permettre de s´y déplacer, d’installer un abri et d’y percer un trou. Depuis 1995, le ministère Pêches et Océans Canada effectue un suivi de cette pêche récréative. Sous leur responsabilité, des suivis sont réalisés dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent par les équipes de Parcs Canada, Parcs Québec, Promotion Saguenay et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, en collaboration avec des pêcheurs, pour gérer les ressources marines (morue, sébaste et flétan du Groenland) pêchées jusqu’à 150 m de profondeur grâce à une brimbale. Cette coutume, héritée des Amérindiens, se pratique dans plusieurs municipalités, dont l´Anse-Saint-Jean, Sainte-Rose-du-Nord, Saint-Fulgence, Rivière-Éternité, La Baie… Les cabanes multicolores, où les pêcheurs se protègent du froid, se multiplieront devant ces municipalités dans les prochaines semaines. L’an passé, plus de 1400 cabanes ont été comptées sur le fjord!

À l’embouchure du Saguenay, d’autres mammifères «bravent» le froid: des bélugas sont aperçus le 13 janvier. Dans cette température glaciale, comment survivent-ils? Tout d’abord, contrairement à la température extérieure, la température des eaux du Saint-Laurent demeure constante au fil des saisons. Dans le Saint-Laurent, hiver comme été, elle tourne autour de 4° C. Toutefois, y garder sa chaleur est un défi perpétuel, car l´eau conduit la chaleur 25 fois plus rapidement que l´air.

Les baleines possèdent un épais manteau de gras. La couche de gras des bélugas est d’une épaisseur variant de 2,5 à 9,5 cm. Dans les parties du corps non protégées par «le manteau de gras», comme les nageoires, les baleines ont un système où la chaleur du sang des artères, qui part des organes internes et se dirige vers les extrémités, est récupérée par le sang des veines, qui lui part des extrémités et se dirige vers les organes internes. Ce système à contre-courant permet donc de réguler leur température corporelle.

Pour en savoir plus :

Sur la pêche blanche
Sur la thermorégulation des baleines

Observations de la semaine - 15/1/2016

Marie-Sophie Giroux

Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005 et y a travaillé jusqu’en 2018. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».

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