Bilan de la saison 2014 pour Urgences Mammifères Marins

  • © Alain Parent, bénévole
    04 / 12 / 2014 Par Josiane Cabana

    À l’aube de 2015, le centre d’appels a reçu plus de 330 appels du public au 1-877-7baleine en 2014. Plus de 80% des cas ont été des cas de mammifères marins morts. Ainsi, 20% des cas ont impliqué des animaux vivants en difficulté, dont plus du tiers a nécessité des interventions sur le terrain par des membres ou des collaborateurs du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

    Les cas rapportés impliquent un grand nombre d’espèces dans des situations très diversifiées et sur un très vaste territoire. Quelques cas de jeunes phoques communs harcelés par le public ont été signalés au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie; des bélugas et des baleines noires ont été signalés loin de leur aire de distribution habituelle au cours de l’été; des rorquals pris dans des engins de pêche ont été rapportés par des partenaires en Côte-Nord et en Gaspésie; un marsouin commun, et des dauphins se sont échoués vivants en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord; une carcasse de globicéphale noir a suscité beaucoup d’intérêt pendant plusieurs jours dans la région de Gaspé.

    Les carcasses signalées à Urgences Mammifères Marins sont une mine d’information scientifique: 11 carcasses de bélugas ont été traitées cette année jusqu’à présent, dans le cadre d’un programme de récupération systématique en place depuis près de 30 ans et chapeauté par Pêches et Océans Canada. Seulement trois de ces animaux étaient assez frais pour faire l’objet d’une nécropsie à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Parmi les 11 carcasses, six sont confirmées comme étant des nouveau-nés. En plus des huit carcasses de belugas trop décomposées, d’autres espèces ont fait l’objet d’échantillonnage lorsque possible: rorqual commun, petit rorqual et marsouin commun.

    Toutes ces informations accumulées et centralisées permettent de mieux comprendre les enjeux qui touchent les mammifères marins du Saint-Laurent: maladies, prises accidentelles, collisions avec les navires, etc. À terme, ce portrait contribuera à orienter les efforts pour protéger ces espèces et leur habitat.

    L’hiver, le nombre d’appels à Urgences Mammifères Marins diminue et le tableau général change: les espèces migratrices quittent nos eaux, le béluga se déplace vers le golfe et les phoques du Groenland et à capuchon arrivent du Nord. Ces phoques, à leur arrivée, sont souvent vus se reposant sur la grève pendant quelques heures, voire quelques jours. La collaboration du public est alors requise: il faut éviter d’approcher ces animaux et garder les chiens en laisse.

    Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins existe grâce à l’implication d’une quinzaine d’organisations privées et gouvernementales. Il a pour mandat d’organiser, de coordonner et de mettre en œuvre des mesures visant à réduire les mortalités accidentelles de mammifères marins, à secourir des mammifères marins en difficulté et à favoriser l’acquisition de connaissances auprès des animaux morts dans les eaux du Saint-Laurent limitrophes du Québec.

    Le Réseau compte sur les riverains et les utilisateurs du Saint-Laurent pour rapporter rapidement tout cas de mammifères marins (baleines et phoques) en difficulté ou mort au 1-877-7baleine (1-877-722-5346).