Après une semaine foisonnante d’observations, les riverains et riveraines notent moins de baleines ces derniers jours. Est-ce que la chaleur fait fuir les poissons de la surface, entrainant avec eux dans les profondeurs les gloutonnes baleines? Ou est-ce nous, trop aveuglés par le soleil, qui ne remarquons plus les souffles et les dos? Difficile à savoir! Il n’empêche, de belles observations ont tout de même fasciné les chanceux et chanceuses qui les ont faites.

Un tour dans le Saguenay

Au belvédère de L’Anse-de-Roche, les observateurs et observatrices se délectent de la nage active d’un petit rorqual depuis trois jours. Les petits rorquals s’enfoncent à l’occasion dans le Saguenay pour s’alimenter. Les bélugas le font plus souvent. Si habituellement, ils rebroussent chemin rendus à la baie Sainte-Marguerite, certains poussent parfois l’audace un peu plus loin. Ça a été le cas d’un groupe de bélugas qui ont nagé devant l’Anse-à-Pelletier le 21 juin, vers 18h. Plus tôt cette même journée, Renaud Pintiaux observe ses deux premiers nouveau-nés bélugas de la saison. Il verra aussi plusieurs phoques communs en repos sur les rochers dans la Saguenay.

Des petits rorquals et un rorqual à bosse en Basse-Côte-Nord

Pour se rendre à La Tabatière, en Basse-Côte-Nord, il faut soit prendre un avion, soit le bateau. C’est donc une vie tournée vers la nature qui attend les villageois. Le 17 juin, un pêcheur amateur croise un rorqual à bosse et un petit rorqual. Le lendemain, il voit à nouveau un petit rorqual et en voit deux encore le 23 juin.

Une journée chargée à Baie-des-Sables

Un observateur de Baie-des-Sables a droit à plusieurs observations de qualité le 23 juin. Alors qu’il tente d’attraper le bar rayé au quai à l’aube, un énorme phoque effectue  «une chorégraphie aquatique» pendant quinze minutes. Puis, vers 8h40, un petit rorqual s’approche à environ 300 mètres du quai. La matinée continue, et une tache blanche apparait au large. Un béluga. «C’est une première pour moi en 11 ans de vie en bord de mer à Baie-des-Sables!», s’étonne l’observateur. Le béluga se dirige vers Matane. Un bateau de pêche s’approche du quai plus tard pour saluer les amis installés au bord de l’eau. À leur bord, un flétan d’au moins 150 livres! À la fin de la journée, un béluga – possiblement le même – fait le chemin inverse devant le quai. Quelle journée!

Des sauts de petit rorqual

La Côte-Nord est particulièrement belle quand on la regarde du Bas-Saint-Laurent au coucher du soleil. Blague à part, le 24 juin, une riveraine se réjouit d’avoir droit à un ciel coloré et à des sauts d’un petit rorqual vis-à-vis l’ilet au Flacon, dans le parc du Bic. Le parc du Bic est aussi un lieu privilégié pour l’observation des phoques communs.

Des bélugas par dizaines

Le 20 juin, ils sont une poignée de dos blancs à nager près de L’Isle-aux-Coudres. Le 23 juin, un employé du GREMM en compte une cinquantaine devant le quai de Saint-Siméon,au même moment où d’autres en comptent une dizaine devant le Centre d’interprétation des mammifères marins, à Tadoussac. Les bélugas sont très sociaux, ils sont donc habituellement observés en groupe qui peut varier de deux à trois individus, jusqu’à plusieurs centaines!

Un road-trip aux baleines

Après avoir photographié le rorqual à bosse à Montréal, un amateur de baleines se lance sur la route pour les observer dans leur habitat naturel. De Tadoussac à Franquelin, en passant par Les Bergeronnes, il a croisé la route de petits rorquals, bélugas, marsouins communs et phoques gris. Et surtout, il a pu profiter de la brise fraiche du large. Pour qui sait regarder le large, il y a souvent de belles surprises!

Et un phoque à Laval!

Il a causé la surprise sur le quai de la marina BoBiNo les 23 et 24 juin. Un phoque barbu, une espèce habituellement trouvée dans l’Arctique, se prélassait à Laval. Plus de détails sur ce visiteur inhabituel par ici!

Et voilà la carte des observations de la semaine.

Observations de la semaine - 26/6/2020

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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