À vos manteaux, ça vaut le coup: nombreux rorquals, dauphins, et du krill!

  • © Jean Lemire (archive)
    19 / 09 / 2014 Par Marie-Sophie Giroux

    À vos manteaux, ça vaut le coup: rorquals, dauphins et krill!

    Être bien vêtu, c’est le secret si l’on veut encore profiter des observations, malgré le froid qui s’installe, car les baleines sont encore bien présentes. En Minganie, on dénombre même plus d’individus que ce qu’il y a eu au cours des mois précédents. Le 13 septembre, près de 40 rorquals communs, 12 rorquals à bosse et plus de 1000 dauphins à flancs blancs ont été rencontrés par l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS). À Gaspé, une dizaine de rorquals à bosse et de rorquals communs s’entremêlent à des centaines de dauphins.

    Les baleines, elles, ne revêtent pas de couches supplémentaires comme nous, mais ont différents moyens pour éviter les pertes de chaleur. Elles possèdent une épaisse couche de gras sous la peau qui, en plus d’être un isolant, constitue une réserve d’énergie et joue un rôle en ce qui concerne leur flottabilité et leur hydrodynamisme. Entre 2 et 5 cm de couche de gras chez le marsouin commun, 10 et 20 cm chez le rorqual commun et jusqu’à 50 cm chez la baleine noire. Dès les premiers instants de leur vie, les baleineaux boivent le lait très riche de leur mère pour constituer rapidement cette couche de gras. Comment ne pas avoir trop chaud avec cet épais manteau graisseux? Pour éviter une surchauffe, les vaisseaux sanguins se dilatent et le sang va se refroidir près de la peau, à l’extérieur de la couche de gras. Et si les baleines ont froid, elles contractent leurs vaisseaux sanguins pour empêcher le sang d’aller se refroidir près de la peau.

    Où sont les rorquals bleus?

    Une partie de l’équipe du MICS, dont Richard Sears, se trouve toujours à bord du Sedna IV pour le projet de télémétrie satellitaire sur les rorquals bleus. Le voilier s’est enfoncé dans le golfe du Saint-Laurent pour chercher les géants des géants. Une quarantaine de rorquals à bosse et cinq rorquals communs ont été vus près de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, à 25 km au sud de l’île deTerre-Neuve. Près des îles de la Madeleine, des petits rorquals, des dauphins à flancs blancs et même des thons ont été observés. Pas de rorquals bleus à l’horizon. Les membres de l’équipe poursuivent leurs recherches et remettent le cap vers le Québec. Ils sont rendus à mi-chemin entre Port-aux-Basques, sur l’île de Terre-Neuve, et Gaspé.

    Dans l’estuaire, quelques rorquals bleus auraient été vus au cours des deux dernières semaines dans le secteur situé entre Forestville et Tadoussac.

    Plages et lumière de krill

    Des mannes de krill échouées ont été retrouvées sur les rives après de forts vents et de grandes marées à Tadoussac. Si le krill, bon nageur, est capable d’effectuer des migrations verticales dans la colonne d’eau pour échapper à ses prédateurs et pour manger, il ne l’est pas assez pour affronter les puissants courants qui le poussent vers les côtes. Translucide et équipé d’organes spéciaux, il émet de la lumière (bioluminescence) qu’il est possible de voir en brassant l’eau avec un objet ou avec la main, et en marchant sur le sable s’il y est enfoui. En mer, les bancs de krill se trouvaient près de la surface et les petits rorquals s’en gavaient.

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