L’épaisseur de cette couche varie selon l’espèce, l’âge et les périodes de reproduction et d’alimentation. Elle peut atteindre 50 % de la masse corporelle d’un individu à certains stades de sa vie. Chez le marsouin: 2 à 3 cm, le rorqual commun: 20 à 30 cm et la baleine boréale: jusqu’à 50 cm. Très vascularisée, cette couche graisseuse sous-cutanée régule la température interne de l’animal et la maintient à 37 °C. Elle facilite la locomotion en permettant une forme lisse, uniforme et hydrodynamique qui fait glisser le corps dans l’eau en diminuant la friction. Cette couche est constituée de cellules adipeuses qui se chargent et se déchargent selon les besoins énergétiques de l’animal. Elle sert aussi de réserve d’énergie en période de jeûne. Une mère, par exemple, peut passer plusieurs jours sans manger et se consacrer entièrement à l’allaitement de son veau.

Au cours du 18e et 19e siècle, les baleiniers récupéraient cette couche graisseuse et la faisaient cuire lentement pour obtenir une texture huileuse pour la combustion des lampes et pour en faire des savons et de la margarine. Aujourd’hui, les techniques modernes ont remplacé l’usage de cette couche par le pétrole, les huiles végétales et le gaz naturel. Les peuples Inuit consomment traditionnellement la couche de graisse des baleines, le muktuk. Elle leur apporte les vitamines D et C, essentielles, retrouvées surtout dans les agrumes qui ne peuvent pas croître sous des conditions arctiques. Les chercheurs prélèvent aussi des échantillons de la couche de gras, car elle est riche en information : habitudes alimentaires, adaptations environnementales, génétique, démographie et distribution de la population. Ils le font en prélevant des échantillons sur les carcasses et en réalisant des biopsies sur les animaux vivants.

En savoir plus

Article sur la couche sous-cutanée

Les baleines en questions - 14/10/2014

Camille Bégin Marchand

Camille Bégin Marchand a travaillé au GREMM de 2013 à 2018. Elle a commencé comme naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins, mais son intérêt pour l’écriture scientifique l’a menée à travailler comme rédactrice pour Baleines en direct. Passionnée par la biologie et amoureuse de la région, elle fait aussi une maitrise en sciences de la forêt en collaboration avec l’Observatoire d’Oiseaux de Tadoussac.

Articles recommandés

Les baleines font-elles preuve d’altruisme? (3/3) L’exemple des cétacés à l’état sauvage

Prendre soin d’individus malades, blessés ou morts - un comportement dit épimélétique – est une forme d’expression de l’empathie courante…

|Les baleines en questions 10/11/2022

Où en est la chasse à la baleine dans le monde ?

L’opinion publique semble de plus en plus concernée par l’avenir des baleines qui sont devenues, au fil du temps, un…

|Les baleines en questions 3/11/2022

Comment démystifier la taxonomie des baleines?

Par définition, la taxonomie est une science visant l’étude de la diversité du monde vivant. Pour ce faire, les différents…

|Les baleines en questions 3/11/2022