Le nom de Gaspar était sur toutes les lèvres lundi dernier quand cette femelle rorqual à bosse a fait son apparition près du rivage des Escoumins. Les autres espèces de rorquals ont aussi semé des étoiles dans les yeux de plusieurs personnes : des rorquals communs et des petits rorquals en alimentation, de même des rorquals bleus connus! Les bélugas s’agglomèrent de plus en plus dans la région estuarienne, alors que phoques et marsouins communs s’ajoutent à la liste des espèces observées.
Gaspar est de retour!
Les histoires sont multiples lorsqu’il est question de la première visite de Gaspar (H626) dans l’estuaire. « J’ai eu la chance de l’observer lundi le 15 juin au quai de la traverse Escoumins — Trois-Pistoles », raconte une amoureuse des baleines. « Encore des moments exceptionnels ce mercredi en fin de journée… », s’exclame pour sa part un naturaliste et photographe animalier qui a eu le privilège de l’observer. Des rumeurs couraient au début du mois de juin concernant la présence de Gaspar dans la baie de Gaspé, puis quelques jours plus tard des vidéos de sa nageoire caudale caractéristique annonçaient son passage près de l’ile d’Anticosti. La voici maintenant dans l’estuaire, plus de 500 kilomètres plus loin!
Depuis sa première observation dans l’estuaire en 2006, Gaspar est revenue tous les ans — sauf en 2008. Généralement, les baleines retournent s’alimenter dans les aires d’alimentation où leur mère les ont amenées durant leur première année de vie. Toutefois, la mère de Gaspar, Helmet (H166), l’a amenée dans le golfe dans ses premiers mois. Gaspar est donc venue toute seule explorer l’estuaire, et on dirait bien qu’elle a adopté ce territoire! Le lendemain, le rorqual à bosse H859 a été observé dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, ravissant les enthousiastes des mammifères marins.
Les rorquals communs Ti-Croche (Bp955), Piton (Bp942), Kashkan (Bp918) et Bp2826 étaient également dans le parc marin dans les derniers jours. Les individus étant en déplacement ou encore en alimentation de surface : les observateurs et observatrices n’étaient pas en reste! Plusieurs petits rorquals en alimentation et bélugas ont de leur côté laissé paraitre leurs dos noirs, ventre rose et dos blancs à plusieurs endroits, de Saint-Irénée jusqu’aux Escoumins.
Des rorquals bleus à la limite du golfe
La plus grosse des baleines a été aperçue par un cétologue amateur réalisant des transects, de Matane en passant par Pointe-des-Monts, pour la Station de recherche des Îles Mingan (MICS). Pas un, mais bien trois rorquals bleus ont été observés, dont la femelle bien connue Jaw-Breaker. « C’est encourageant, j’étais vraiment content de les rencontrer », soutient-il. L’équipe du Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI) a elle aussi commencé sa saison terrain, mais la météo n’était pas de la partie : « Ici c’est la pluie depuis plus d’une semaine, donc nous avons fait une seule sortie et c’était le calme plat, 2 phoques gris seulement. En espérant que la semaine prochaine soit plus belle! » Un phoque commun se tenait quant à lui à l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite, à Gallix.
Des bélugas et des petits rorquals ont été observés près de Baie-Comeau. La nageoire caudale d’un rorqual à bosse a même été signalée à Franquelin. L’identité de cet individu reste pour le moment inconnue.
Encore des rorquals en Gaspésie
« Je suis allée à Grande-Grave dans le parc Forillon : 3 bosses et 2 petits rorquals qui sont passés ensemble très proches du quai et ont disparu aussi vite qu’ils étaient apparus! Avec la lumière de fin de journée, c’était magique! », raconte avec émerveillement une résidente du secteur.
Un autre observateur souligne avoir vu lui aussi quelques jours plus tôt, le 15 juin, deux ou trois rorquals près de Cap-aux-Os. En Gaspésie comme ailleurs ces derniers jours, la météo n’a pas été exceptionnelle, limitant les observations réalisées.
La pluie et le vent n’empêchent pas les baleines et les phoques de venir à la surface pour respirer. C’est d’ailleurs un geste essentiel. L’évent sur leur dessus de leur tête, qui est en fait une très grosse narine, leur permet d’inspirer l’air qui transitera par la suite par leur conduit nasal, la trachée, le larynx, puis leurs poumons. À chaque inspiration, les baleines renouvellent près de 90 % de leur air — contrairement aux humains pour qui ces nombres varient entre 10 à 15 %!
Où sont les baleines cette semaine? La carte des observations
Ces données ont été rapportées par notre réseau d’observatrices et observateurs. Elles donnent une idée de la présence des baleines et ne représentent pas du tout la répartition réelle des baleines dans le Saint-Laurent. À utiliser pour le plaisir!
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Et à tous les autres!
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Station de recherche des Îles Mingan (MICS)
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Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM)
Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)
Mériscope
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