Connaissez-vous les baleines à bec? Si la réponse est «non», vous n’êtes probablement pas les seuls. Même les chercheurs connaissent relativement peu ces mystérieux cétacés qui vivent au large et se nourrissent à d’importantes profondeurs. Le peu que nous connaissons sur eux recèle toutefois des informations fascinantes. Un peu de lumière sur ces mystérieux cétacés des profondeurs.

1. Les baleines à bec ne sont pas dans la même famille que les dauphins

Les baleines à becs constituent en fait une famille à part entière qui compte à ce jour plus d’une vingtaine d’espèces. Bien que leur museau et leur forme générale rappellent souvent ceux des dauphins, les baleines à bec ne font pas partie de la même famille qu’eux. En fait, elles sont taxonomiquement plus près du cachalot que des dauphins!

2. La longueur des baleines à bec varie entre moins de 4 mètres et 13 mètres selon l’espèce

La plus grande espèce de baleine à bec connue à ce jour est la baleine à bec de Baird, dont certains spécimens observés atteignaient près de 13 mètres, alors que les baleines à bec pygmées adultes, aussi appelées baleines à bec péruviennes, mesureraient en moyenne 3,9 mètres.

3. Une baleine à bec détient le record de profondeur de plongée chez les cétacés

Des chercheurs ont observé grâce à une balise, en 2014, un groupe de baleines à bec plonger à une profondeur de 2992 mètres, soit l’équivalent de près de dix fois la hauteur de la tour Eiffel, ce qui en fait le mammifère marin ayant plongé le plus profondément à notre connaissance. C’est plus que le record enregistré chez son cousin le cachalot macrocéphale, qui ne dépasse pas les 2000 mètres. Il est toutefois probable que cachalots et baleines à becs soient d’aussi bons plongeurs, puisqu’ils se nourrissent tous d’animaux trouvés à de grandes profondeurs.

4. Elles sont friandes de calmars et autres céphalopodes

Chez la plupart des espèces de baleines à becs, plus de la moitié de la diète est composée de céphalopodes, c’est-à-dire d’animaux invertébrés de la famille des calmars et des pieuvres. Chasseuses habiles, les baleines à bec aspirent leurs proies pour les attraper, étant donné la quasi-absence de dents dans leur bouche. On croit d’ailleurs que les deux plis qui se trouvent sous leur gorge et qui sont caractéristiques de ce groupe d’espèces serviraient justement à l’aspiration des proies.

5. On découvre encore de nouvelles espèces

Pas moins de deux nouvelles espèces de baleines à bec auraient été observées au cours des deux dernières années. L’an dernier, une équipe de chercheurs en expédition avec l’organisme Sea Shepherd aurait observé, au large de la côte ouest mexicaine, un type de baleine à bec dont les caractéristiques acoustiques et physiques semblent différer de toutes les observations passées. Les chercheurs croient qu’il s’agirait d’une nouvelle espèce. Une espèce de baleine à bec du genre Berardius, qu’on croyait précédemment être une sous-espèce de la baleine à bec de Baird, a également été identifiée au large du Japon par une équipe de chercheurs en 2019.

6. Bien qu’elles soient des baleines à dents, elles n’ont pratiquement pas de dents

Dans la majorité des cas, seuls les mâles adultes possèdent des dents fonctionnelles (plusieurs femelles et les mâles juvéniles ont des dents vestigiales sous leurs gencives), et ils n’en ont généralement que deux, situées sur leur mandibule, c’est-à-dire leur mâchoire inférieure. Deux genres de baleines à bec font toutefois exception à cette règle: les baleines adultes des deux sexes de type Berardius sont munies de quatre dents sur leur mâchoire inférieure, alors que mâles et femelles du genre Tasmacetus possèdent une bouche garnie de dents en haut comme en bas. Ces dents serviraient à l’agression entre mâles plutôt qu’à l’alimentation.

7. Les mâles de plusieurs espèces de baleines à bec sont barbouillés de cicatrices

Lors de la saison de la reproduction, les mâles de plusieurs espèces de cette famille s’infligent probablement d’importantes blessures avec leurs dents. L’objectif de ces affrontements? Avoir accès aux femelles afin de se reproduire.

8. On en sait assez peu sur les baleines à bec!

Les baleines à bec sont pélagiques plutôt que côtières, ce qui veut dire qu’elles vivent loin des côtes. Leur éloignement de la côte et le fait qu’elles plongent pour de longues durées expliqueraient en partie pourquoi ces animaux sont si rarement observés, et donc si peu connus en comparaison avec d’autres familles de baleines. Certaines espèces ont aussi tendance à se tenir loin des bateaux, et la plupart ont un souffle peu imposant et difficile à repérer, ce qui les rend particulièrement difficiles à observer. Plusieurs espèces n’ont même jamais été observées vivantes, mais seulement à l’état de carcasse.

En savoir plus

Actualité - 23/8/2021

Florence Amégan

Florence Amégan est répondante au centre d’appels pour Urgences mammifères marins et rédactrice pour Baleines en direct depuis l’été 2020. Diplômée au programme Sciences, lettres et arts, elle est fascinée depuis qu’elle est haute comme trois pommes par les interactions qu’ont les baleines, tant entre elles qu’avec leur milieu.

Articles recommandés

Déchiffrer les amitiés des épaulards grâce aux drones

Tout comme les humains, les épaulards ne peuvent pas choisir leur famille, mais ils pourraient au moins décider avec lesquels…

|Actualité 1/9/2021

Épaulards résidents du Sud: les 108 jours d’absence du groupe J

Depuis 2013, la population des épaulards résidents du Sud adopte des comportements inhabituels qui inquiètent les scientifiques. Comble du bizarre…

|Actualité 16/8/2021

Concevoir l’inconcevable (2/2): des gabarits pour les chants de rorquals à bosse

Dès le début des années 1980, Roger Payne, pionnier de la recherche sur les chants de baleines, affirme qu’«il est…

|Actualité 10/8/2021