Le soir du 20 juin 2022, l’équipe du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) apprend qu’une carcasse de marsouin commun a été retrouvée échouée, près de Godbout. La carcasse étant fraîche, il est pressant d’aller la récupérer afin qu’une nécropsie puisse être réalisée pour comprendre les causes du décès. En chemin, deux carcasses de phoques seront aussi récupérées, car elles doivent être analysées rapidement. De fait, on veut vérifier si la grippe aviaire pourrait avoir été transmise aux phoques par les oiseaux marins.

Grâce à un heureux hasard, je suis désignée parmi l’équipe de naturalistes du CIMM pour aller prêter main-forte à l’équipe du RQUMM pour cette mission. C’est donc le lendemain, au petit matin, que commence pour moi une journée hors de l’ordinaire!

La plus longue journée de l'année

4h – Départ de Tadoussac

C’est le solstice d’été ce jour-là, mais il fait encore noir quand nous nous mettons en route pour aller récupérer le marsouin commun échoué. Il est nécessaire d’arriver à destination avant la marée haute, sinon elle risque d’emporter la carcasse. Le soleil commence à se lever, et nous tentons de rester optimistes : espérons que la carcasse soit encore là à notre arrivée!

7h – Arrivée aux Islets-Caribou

Une fois sur place, nous sortons la civière orange du véhicule et mettons des gants avant de nous diriger vers la plage. Nous ne savons pas exactement où est située la carcasse : pour la retrouver, nous possédons uniquement les indications fournies par un bénévole du RQUMM qui vit dans la région. C’est grâce à ces informations que nous réussissons à retrouver le marsouin commun échoué. Nous sommes finalement arrivés à temps!

Nous déposons le marsouin commun sur la civière, puis nous le transportons jusqu’à la voiture. Je comprends alors pourquoi nous avions besoin d’être quatre personnes pour déplacer la carcasse! La marche sur les roches accidentées de la plage des Islets-Caribou est assez périlleuse et un marsouin commun, malgré sa petite taille, c’est très lourd!

Arrivée au véhicule, la carcasse est placée dans un sac spécialement conçu pour sa conservation. C’est ensuite le moment de partir pour la deuxième mission de la journée : récupérer une carcasse de phoque commun échouée à Pointe-Lebel.

À la recherche des phoques échoués

10h – Arrivée à Pointe-Lebel

La carcasse du petit phoque commun de Pointe-Lebel n’est pas difficile à trouver. Attaché avec une corde à un morceau de bois par un bénévole pour ne pas qu’il reparte à l’eau, l’individu est encore en très bon état. Nous récupérons donc facilement la carcasse et la plaçons elle aussi dans un sac de conservation.

12h – Où est le deuxième phoque?

La dernière carcasse de phoque est la plus difficile à retrouver. Après avoir arpenté la plage de Longue-Rive pendant un certain temps, sans succès, nous rencontrons enfin un témoin qui nous guide vers la carcasse. En revanche, l’état de décomposition avancée de la carcasse ne permet pas le prélèvement d’échantillons. Nous nous résignons donc à la laisser sur place. Une étiquette rouge est attachée à la queue de l’animal pour signifier que le RQUMM est passé par là. Cette action permettra de ne pas recenser deux fois la même carcasse, même si celle-ci est emportée par les courants et retrouvée plus loin. La nature s’occupera du reste.

C’est finalement avec deux carcasses à bord que notre équipe retourne à Tadoussac. Les animaux sont entreposés dans des congélateurs, et seront transportés ultérieurement à la faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, où des nécropsies seront faites sur les carcasses.

Un travail exigeant, mais nécessaire

Durant ma journée auprès de l’équipe du RQUMM, j’ai pris conscience de l’importance du travail réalisé par cet organisme. Bien que cette équipe se déplace de prime abord sur le terrain pour s’occuper de carcasses de mammifères marins échoués, elle va aussi à la rencontre du grand public par la même occasion. C’est donc une magnifique opportunité de sensibiliser la population aux enjeux liés aux mammifères marins!

Carnet de terrain - 21/7/2022

Odélie Brouillette

Odélie Brouillette s’est jointe à l’équipe du GREMM comme rédactrice et naturaliste en 2022. Biologiste de formation, elle aime apprendre et communiquer aux autres ce qui lui tient à cœur. Fascinée depuis toujours par les milieux marins et les baleines, elle souhaite, par la sensibilisation et la vulgarisation, contribuer à leur protection.

Articles recommandés

Travail d’équipe pour la protection des baleines

La protection du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent relève d’un travail d’équipe. La recherche permet de connaître les enjeux liés au…

|Carnet de terrain 13/10/2022

Récupération d’une carcasse de Dauphin à flancs blancs à Rimouski

Lundi, le 5 septembre en début d’après-midi, la centrale d’appels du Réseau québécois d’Urgences Mammifères Marins reçoit un signalement concernant…

|Carnet de terrain 11/10/2022

Les yeux rivés sur les bélugas

Chaque été, depuis 2003, l’équipe de Parcs Canada scrute le paysage marin de la baie Sainte-Marguerite pour dénombrer les bélugas…

|Carnet de terrain 6/10/2022