Vendredi 8 juin, ayant été informé de la présence présumée de 3 rorquals bleus dans le secteur de Gaspé, je décide de m’y rendre, malgré les prévisions de vent assez fort. Le vent a été au moins aussi fort que les prévisions l’annonçaient, je n’ai pu sortir que quelques heures le samedi 9 juin et lundi 11 juin, à partir du petit port d’Anse-à-Brillant.

Je n’ai trouvé aucune bleue dans le secteur restreint parcouru, mais j’ai pu observer cinq rorquals à bosse, dont ma fidèle H626, surnommée Boom Boom River (BBR) en Gaspésie et Gaspar dans l’estuaire. Je la retrouvais donc pour la onzième année consécutive. Je vous propose donc de faire une petite rétrospective de ces onze occurrences dans le temps.

2008

Toujours une grande excitation à revoir cette femelle que j’observais pour la première fois dans le secteur Percé, près de l’ile Plate sur la Pointe Saint-Pierre le 5 juillet 2008. Selon les données du Station de recherche des iles Mingan (MICS), elle avait à ce moment 3 ans, puisqu’elle est née en 2005. J’étais à ce moment avec mon bateau en présence d’une autre embarcation du MICS piloté par Valentine Ribadeau-Dumas qui avait fait la traversée entre Mingan et Gaspé avec quelques membres de l’équipe. Cette baleine juvénile nous avait donné un impressionnant spectacle de «lobtailing»  et de «pectoral slapping».

2009

L’année suivante, soit le 23 juillet 2009, accompagné de mon fidèle pilote Pierre, nous la retrouvons au large du Cap Gaspé accompagnant la femelle Manta et son veau de l’année. Nous assistons aussi à cette date à un rassemblement de grands voiliers dans la baie de Gaspé.

2010

En 2010, le 10 juin, je l’aperçois accompagnée de H759 au large de Cap-d’Espoir à l’ouest de Percé.

2011

Le 6 juillet 2011, elle fait partie d’un groupe de 5 rorquals à bosse autour du Cap Gaspé. Elle pourchasse ses proies tout près des falaises nord de Forillon.

2012

Le matin du 8 juin 2012, accompagné par mon ami ornithologue Jacques, nous sortons du petit port de pêche à Saint-Georges-de-Malbaie. Il est 9h lorsque nous apercevons très furtivement H626. Juste le temps de prendre une photo d’identification et nous ne la reverrons plus de la journée. Nous avions observé plusieurs rorquals communs cette journée ainsi que trois autres rorquals à bosse.

2013

Le 3 mai 2013, il fait froid, mais le temps est très clair. Je suis accompagné du chercheur Christian Ramp du MICS. Nous nous dirigeons au large du Cap Gaspé où nous retrouvons H626 en compagnie d’Irisept et de Tic-Tac-Toe. Les trois femelles nagent côte à côte en surface durant un long moment et prennent beaucoup de temps avant de sortir la queue pour plonger afin qu’on puisse les identifier. Christian en a profité pour prendre une biopsie de H626.

2014

Les 17 et 18 juillet 2014, je la retrouve encore avec un groupe de plusieurs autres rorquals à bosse, dont sa compagne H692 Paloma. Elle est extrêmement active ces journées-là, faisant plusieurs cabrioles au large des falaises à l’instar du baleineau de Calypso qui est aussi actif à l’intérieur de la baie de Gaspé au même moment.

2015

Le 1eret 4 juillet 2015, je retrouve H626 exactement au même endroit où je l’avais observée la première fois, soit entre la pointe Saint-Pierre et l’ile plate. Elle refait sensiblement les mêmes cabrioles qu’en 2008.

2016

Les 18-19-20 juillet, je suis accompagné de Stacey Cassivi, une guide-interprète qui n’a pas encore commencé sa saison de travail sur le Narval III. Durant 3 jours consécutifs nous pouvons observer H626 côtoyer Pseudo et son baleineau de l’année qui s’alimentent profondément à l’intérieur de la baie de Gaspé.

2017

L’an passé, lors d’une sortie seul au large de Pointe-à-Michel sur la côte nord à partir de Rimouski, j’ai eu la chance de la revoir en face du village de Betsiamites. C’était ma seule observation d’elle dans l’estuaire maritime.

2018

Et finalement au début du mois, soit le samedi 9 juin, toujours avec mon pilote Pierre, nous revoyons avec grand plaisir la très sociable H626 dans la baie de Gaspé accompagnant un jeune rorqual à bosse encore non identifié.

Carnet de terrain - 18/6/2018

René Roy

René Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des iles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

 On peut voir ses photos sur Facebook

Articles recommandés

Avec les visiteurs… au Centre d’interprétation des mammifères marins en période de COVID-19

Qu’elles se déroulent sur l’eau ou sur la terre, les activités de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur…

|Carnet de terrain 9/9/2020

Avec les bélugas… photographiés de la rive

Depuis 8h le matin, l’assistant de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Mathieu Marzelière,…

|Carnet de terrain 3/9/2020

Tout ce qu’il y a dans un nom : étudier les cris des bélugas sauvages

Par Valeria Vergara, chercheuse affiliée à Ocean Wise Ce billet a d’abord été publié sur le blogue d’Ocean Wise en…

|Carnet de terrain 24/8/2020