Parmi les observations notables de la semaine, on rapporte de petits personnages fictifs, de Nemo à la Petite Sirène en passant par Bob l’éponge, défilant dans les rues pour amasser leur butin sucré. Pendant ce temps, sur les eaux du Saint-Laurent, ce sont les rorquals à bosse, les rorquals communs ou encore les dauphins à flancs blancs qui se remplissent la panse.

Des mammifères marins, il y en a encore tellement dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent que le milieu touristique de la région a décidé de prolonger ses activités, notamment le Centre d’interprétation des mammifères marins, qui reste ouvert jusqu’au 5 novembre! Une occasion en or pour s’aventurer parmi les majestueux squelettes du musée et s’emplir l’imagination de belles histoires de baleines avant la saison froide.

Une journée de navigation haute en couleur

Des observateurs naviguant dans les environs des iles Mingan ont eu une belle journée sur l’eau en compagnie de la faune marine. La journée débute en beauté : « Splash, splash : ça saute complètement en dehors de l’eau. C’est un thon! Une première pour nous! Aucun doute, on a bien vu son corps. Il est sorti hors de l’eau et bien haut à plusieurs reprises. Très énergique et rapide, il semblait en chasse. Des employés du parc nous ont dit avoir vu des bancs de maquereaux ces derniers jours… peut-être que c’était ça que le thon pourchassait…», s’exclament les navigateurs.  Lors d’une escapade sur une ile, c’est vers les oiseaux marins qu’ils avaient les yeux tournés. À leur retour,  ils croisent des phoques communs avant d’observer des cétacés. Ils s’enthousiasment à nouveau : « Dans le même secteur où on avait vu le thon, on rencontre quatre marsouins qui reviennent vers nous et sortent juste à côté du bateau. On les voit par transparence sous l’eau, longer rapidement le bateau. Ils semblent aussi en chasse. »

La diversité au rendez-vous

Le décompte des visiteurs marins s’allonge pour le secteur, qui est encore riche en belles observations : une dizaine de rorquals à bosse, deux rorquals communs, des petits rorquals, des marsouins communs, des phoques. Sans oublier les bélugas ou encore les dauphins à flancs blancs nageant à travers les flots par centaines! Ces derniers auront certainement marqué l’automne : « […] présence de plus de 500 individus, entre Tadoussac et Les Bergeronnes, rapporte un naturaliste. Des sauts parfois tellement hauts dans les airs. Plusieurs individus sont souvent tout près des rorquals à bosse.»

Des flocons et des étoiles

La première neige de l’année et les températures plus fraîches des derniers jours ont certainement de quoi nous rappeler l’hiver qui arrive à grands pas. Pour un passionné des cétacés, rien de mieux que des rorquals à bosse et de la neige : « Les étoiles montantes du parc marin, telles que Guadeloupe, Aramis, H919, Éline, Queen et quelques autres – et bien sûr, la plus importante de tous, à mon avis, Siam – sont toujours présentes. Tout ça ne serait pas aussi magique sans la neige. À chaque fois, quand il y a plein de bosses comme ça, on se dit : Siam est où? » En effet! Ce mâle n’est pas toujours facile à reconnaitre, puisqu’il ne montre pas systématiquement la nageoire caudale. C’est habituellement le patron sur l’envers de cette nageoire qui permet aux témoins et scientifiques d’identifier les différents individus, bien que les plus habiles puissent aussi le faire avec la nageoire dorsale!

Des breachs dans la baie

C’est depuis le cap Forillon qu’une observatrice a pu admirer des rorquals à bosse dans la baie de Gaspé. « Il y avait au moins deux ou trois autres baleines à bosse loin au large, rapporte-t-elle. Au retour, je suis retombée sur les deux mêmes bosses dans la baie, dont une qui a enchaîné trois breachs! » Ces acrobaties font partie du répertoire de comportement habituel de l’espèce. Si ce spectacle a de quoi épater la galerie, ses causes sont plus mystérieuses. Jeu, séduction ou communication, les hypothèses pour expliquer ces sauts impressionnants sont nombreuses. Il est aussi possible que les baleines adoptent ce comportement pour se débarrasser des parasites qui recouvrent leur peau ou encore pour améliorer leurs capacités de plongée. Pour l’instant, les scientifiques restent sans réponse claire et unanime.

Des phoques gris sont aussi présents dans le secteur. Une riveraine en a d’ailleurs vu un manger trois gros bars rayés sous ses yeux! Depuis Franquelin, on rapporte également deux petits rorquals, qui viennent s’alimenter près des côtes de temps en temps.

Observations de la semaine - 3/11/2023

Andréanne Forest

Andréanne Forest est rédactrice en chef de Baleines en direct depuis mai 2022. Après des études en environnement et en biologie, elle se tourne vers la communication scientifique dans l’objectif de rendre la science à la fois accessible et amusante. Andréanne souhaite mettre en lumière la démarche d’acquisition de connaissance tout en transmettant le désir d’apprendre.

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