J’ai passé deux jours (2 et 3 juillet) au large de Gaspé, tout juste avant le passage de l’ouragan Arthur. Il n’y avait pas beaucoup de diversité chez les cétacés, mais en revanche il y avait plein d’activité. Tout comme les autres secteurs riches en nourriture, celui au large du cap Gaspé était rempli de petits rorquals en alimentation de surface. Ça bougeait fort. Il y avait au moins une vingtaine d’individus dans un petit secteur d’un kilomètre carré. Il y avait aussi cinq rorquals communs et un rorqual à bosse que l’on connait sous le nom de Whip.

J’ai assisté, tout comme les deux excursionnistes du secteur, à plusieurs sauts de petits rorquals. Lorsqu’ils sont en alimentation active à la surface de l’eau, comme c’était le cas, le souffle des petits rorquals est visible. Quelques phoques gris et plusieurs fous de Bassan profitaient aussi de la remontée du poisson en surface que produisaient les cétacés actifs. La surface de l’eau bouillonnait de poissons avant l’arrivée de l’immense gueule des petits rorquals. Tous partageaient le festin.

Ce petit secteur est un haut-fond plat sur lequel il y a à peine 15 mètres d’eau. Il est situé à 4 milles marins au sud-ouest du cap Gaspé. Il fait partie d’une série de monticules correspondant au prolongement sous-marin de la pointe de Forillon dont l’extrémité se nomme Cap-Gaspé. C’est la bordure du plateau continental. Cette série de monts sous-marins s’étend sur une quinzaine de milles marins, pour se terminer avec le banc des Américains.

Ces bancs font d’ailleurs partie de ce grand secteur (environ 1000 kilomètres carrés) désigné comme un site d’intérêt pour devenir une zone de protection marine. Ce qui serait bien souhaitable.

Ce secteur est une aire d’alimentation exceptionnelle. Le vent et les forts courants marins produisent sur la bordure de cette falaise sous-marine une remontée d’eau (upwelling). Ce phénomène favorise la disponibilité de nutriments à la surface de l’eau et donc une grande productivité qui attirent les bancs d’invertébrés et de poissons dont profitent plusieurs prédateurs comme ceux sur mes photos:

Photos: © René Roy

RenéRené Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des îles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

Carnet de terrain - 8/7/2014

René Roy

René Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des iles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

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