En ce début d’année, le gouvernement étasunien a rendu public son plan de rétablissement des bélugas de Cook Inlet, une population inscrite à la liste des espèces menacées. Les facteurs ayant empêché cette population de se rétablir au cours des 16 dernières années demeurent largement inconnus. Ce plan présente dix menaces potentielles et appelle à la réduction des menaces les plus préoccupantes, soit les évènements catastrophiques — telles les catastrophes naturelles et les marées noires —, les effets cumulatifs de facteurs de stress multiples, ainsi que le bruit.

La population de bélugas de Cook Inlet est l’une des cinq populations de bélugas présentes dans les eaux étasuniennes. Cook Inlet s’étend sur 290 km, de la ville d’Anchorage jusqu’au golfe d’Alaska. Comme la population du Saint-Laurent, la population de Cook Inlet vit à la limite sud de l’aire de répartition de l’espèce, elle a fait l’objet d’une chasse importante et elle est actuellement en déclin. Le relevé de 1979 a estimé la population de Cook Inlet à 1 300 individus. Elle a diminué progressivement au cours des années 1980 et au début des années 1990. Ce déclin s’est ensuite accéléré entre 1994 et 1998, dû à la chasse de subsistance, qui a pris fin en 1999. Les responsables fédéraux ont d’abord pensé que le contrôle de la chasse de subsistance permettrait à la population de se rétablir, ce qui n’a malheureusement pas été le cas. La population a été placée en 2008 sous le statut « en voie de disparition » en vertu du Endangered Species Act. La population est présentement estimée à environ 300 individus.

L’état d’Alaska avait contesté il y a huit ans l’ajout de cette population à liste des espèces menacées et conteste maintenant le plan de rétablissement. Selon Bruce Dale, directeur de la Division de la conservation de la faune de l’état d’Alaska (Alaska Division of Wildlife Conservation), le plan de rétablissement contient des critères de rétablissement irréalistes, ce qui limitera l’acceptation du plan par les parties prenantes et freinera davantage les projets de développement dans la région.

Durant l’été 2016, des chercheurs du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) ont quitté les bélugas du Saint-Laurent pour passer deux semaines avec les bélugas de Cook Inlet. Plusieurs programmes de recherche sont en cours pour identifier les facteurs qui limitent le rétablissement de ces deux populations. Une collaboration entre les chercheurs du Saint-Laurent et de Cook Inlet permet un partage de connaissances et de méthodes, afin de mieux comprendre pourquoi ces deux populations peinent à se rétablir.

Actualité - 12/1/2017

Béatrice Riché

Après plusieurs années à l’étranger, à travailler sur la conservation des ressources naturelles, les espèces en péril et les changements climatiques, Béatrice Riché est de retour sur les rives du Saint-Laurent, qu’elle arpente tous les jours. Rédactrice pour le GREMM de 2016 à 2018, elle écrit des histoires de baleines, inspirée par tout ce qui se passe ici et ailleurs.

Articles recommandés

15 baleineaux porteurs d’espoir pour les baleines noires

De novembre à avril, les baleines noires de l’Atlantique Nord donnent naissance à leurs baleineaux dans les eaux chaudes de…

|Actualité 30/3/2022

Les mesures de protection des baleines noires reconduites en 2022

Le jeudi 10 mars, Pêches et Océans Canada a annoncé les mesures de protection qui seront mises en place cette…

|Actualité 28/3/2022

Un bouchon oral pour éviter aux rorquals de s’étouffer avec l’eau de mer

La famille des rorquals inclut les plus grands animaux de la planète. Afin de satisfaire leurs besoins énergétiques gargantuesques en…

|Actualité 24/2/2022