Les températures glaciales de la dernière semaine n’ont pas refroidi pour autant les animaux marins du Saint-Laurent! Bien que les grosses baleines semblent avoir pris le large, les pinnipèdes et les oiseaux marins continuent de tenir le coup et ravissent les observateurs qui bravent les grands froids pour les voir.

Faire le plein de soleil

Près de Cap-aux-Os, en Gaspésie, une centaine de phoques se reposaient sur la banquise. « Ce sont des phoques communs, mais on a l’impression qu’il pourrait y avoir quelques phoques du Groenland », explique une observatrice chanceuse qui a sorti ses jumelles pour l’occasion.

De l’autre côté du Saint-Laurent, dans le secteur de Mingan, un grand nombre d’oiseaux marins et six ou sept phoques du Groenland ont aussi été aperçus au large dans les derniers jours. Les pinnipèdes étaient éparpillés sur le peu de glace qui flotte actuellement à la surface du golfe. « Ce ne sont pas les hivers qu’on connait », mentionne un écologiste de la région, à propos du couvert de glace qui se fait plus rare depuis quelque temps.

En revanche, vers Franquelin, la glace semble bien installée : c’est « gelé à des kilomètres à la ronde » et aucun mammifère marin n’a été vu récemment, rapporte un riverain.

Plus à l’ouest, au Cap de Bon-Désir, ce sont les trois espèces de phoques du Saint-Laurent qui ont été identifiées mercredi matin. Une dizaine de phoques du Groenland, deux phoques communs et un phoque gris solitaire étaient présents. Ce phoque gris est « peut-être le même depuis cet automne », suppose un habitué de l’endroit qui a observé un individu semblable à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Un petit phoque commun a quant à lui été vu vers Les Escoumins le même jour.

À l’embouchure du fjord du Saguenay, deux pinnipèdes nageaient tranquillement dimanche matin et à Saint-Siméon, deux autres individus ont été aperçus. Cependant, difficile de dire à quelle espèce ils appartenaient, car le beau soleil faisait plisser les yeux et rendait l’identification plutôt ardue!

Même pas peur du froid!

Les courageux qui sont sortis au cours des derniers jours ont sans doute été surpris par la température qu’il faisait à l’extérieur. Même bien habillé, c’était plutôt frisquet! À Tadoussac, un groupe d’une centaine de canards noirs pataugeait tout doucement dans l’eau glacée au cours de la fin de semaine et même les phoques ne laissant sortir que leur tête de l’eau semblaient plutôt à l’aise de nager par un froid pareil. Sans vêtements chauds, ils semblent plus confortables que nous dans les températures extrêmes. Mais comment font-ils?

Comme les humains, les phoques sont des mammifères à sang chaud qui doivent maintenir une température interne autour de 37 °C. Ils ont donc développé une adaptation bien utile qui leur permet de rester dans l’eau même quand les températures sont plutôt froides : la thermorégulation.

Des échanges de chaleur se produisent entre les artères et les veines et permettent à l’animal de réguler sa température corporelle. Le sang plus froid circulant dans les veines va être réchauffé par le sang chaud contenu dans les artères. Ce système d’échange de chaleur à contre-courant est appelé le rete mirabile (réseau admirable) et limite les pertes de chaleur dans les extrémités du corps. Une importante couche de graisse ainsi que les poils que l’on retrouve à la surface de la peau des phoques contribuent aussi à les protéger du froid.

Les oiseaux, en plus d’un plumage bien isolant qui les protège du froid, peuvent aussi compter sur un système similaire pour conserver leur chaleur. Ils posséderaient également une protéine antigel dans leurs pattes pour éviter qu’elles gèlent. Fascinant, non?

Partagez vos observations!

Vous avez observé des mammifères marins dans le fleuve Saint-Laurent? Qu’il s’agisse d’un souffle au large ou de quelques phoques, écrivez-nous et envoyez-nous vos photos à [email protected]!

Observations de la semaine - 9/2/2023

Odélie Brouillette

Odélie Brouillette s’est jointe à l’équipe du GREMM comme rédactrice et naturaliste en 2022 et elle est de retour depuis l'hiver 2023 comme chargée de projet en vulgarisation scientifique. Biologiste de formation, elle aime apprendre et communiquer aux autres ce qui lui tient à cœur. Fascinée depuis toujours par les milieux marins et les baleines, elle souhaite, par la sensibilisation et la vulgarisation, contribuer à leur protection.

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