Richesses du Saint-Laurent

  • Le Roter Sand nous attend à quai à Rimouski
    © GREMM
    12 / 09 / 2014 Par Josiane Cabana

    La responsable du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences mammifères marins (RQUMM) prend part au Symposium Nomade des Océans 2014 à bord du voilier-école d’ÉcoMaris, le Roter Sand, du 9 au 17 septembre. Elle rejoint une équipe de scientifiques pour visualiser et documenter les menaces qui pèsent sur les mammifères marins du Saint-Laurent. C’est aussi une occasion pour elle de rencontrer à nouveau les partenaires et les bénévoles du Réseau.
    C’est hier midi, le 10 septembre, que le Roter Sand a quitté le quai de Rimouski et déjà j’ai l’impression d’être embarquée dans cette aventure depuis des jours. Tout va à une vitesse folle (sauf le grand voilier qui n’a pas eu de vents très généreux jusqu’à maintenant) et j’en raffole. Cette mission est riche en rencontres, en observations, en apprentissage et en défis.

    Les 18 personnes de l’équipe veillent à tour de rôle à se nourrir, à assurer la bonne navigation du vaisseau et à échanger sur leurs expériences. Les sujets sont nombreux: identification des espèces de baleines, enjeux du Saint-Laurent, inspirations artistiques générées par ce grand fleuve et cordages à choquer pour assurer le virement de bord.

    La journée du 11 septembre a commencée pour moi à 4 heures du matin. Ma tâche sur ce quart de travail: assurer la vigie dès le lever du soleil pour repérer les mammifères marins. C’est à 5 h 13 que j’ai commencé à avoir de la visibilité, excellente, sur une mer d’huile et sous un soleil orange vif. Vis-à-vis de Sainte-Anne-des-Monts en Gaspésie, nous avons arrêté les moteurs qui nous ont portés toute la nuit et avons espéré repérer des grands rorquals. Katy Gavrilchuk de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) m’avait bien avertie avant d’aller au lit après son quart de nuit: « Viens me réveiller si tu vois un grand rorqual, avec une claque s’il le faut ! » C’est que Katy souhaite photo-identifier les baleines que nous rencontrerons sur notre passage. Je n’ai vu aucun dos, ni entendu de souffle, mais j’ai eu bien du temps pour écouter le huard à collier chanter. L’espèce vedette au lever du soleil: une paruline en pleine migration qui est venue se reposer dans la timonerie!
    De l’Action avec un grand A

    Il a fallu la fin de la matinée pour que l’action commence, et quelle action! Le « téléphone rouge » d’Urgences Mammifères Marins a retenti à 9 h, ce qui a suscité beaucoup d’excitation. J’avoue avoir été intimidée de traiter un appel devant public. On rapportait un béluga mort à Cap-à-la-Baleine, sur le rivage, soit à peu près où se trouvait le Roter Sand, bien au large. Tout le monde à bord attendait avec impatience les photos et effectivement, quelques minutes après, c’était confirmé. Un jeune béluga avait été trouvé sur la berge, dans un état de décomposition avancée. Pour certains passagers, l’idée de voir une carcasse était peu réjouissante, « non merci pour la photo, je préfère les voir vivants ». Je peux comprendre, même si je trouve que chaque carcasse apporte son lot d’informations et que oui, la mort fait aussi partie de la vie. Cette carcasse avait vraisemblablement fait déjà l’objet d’échantillonnage, donc aucune intervention n’a été entreprise.

    Un cas qui s’est réglé rapidement et heureusement puisque j’entendais sur le pont les « Oh » et les « WOW ». C’était une cinquantaine de dauphins à flancs blancs qui créaient autant d’émoi. D’abord à peine visibles à l’œil, ils ont nagé dans le sillon du voilier, exécutant quelques prouesses, queue en l’air, sous mon regard de fille comblée devant tant de beauté.

    Nous avons accosté à Sainte-Anne-de-Monts, accueillis par un groupe de fous de Bassan qui nous survolaient et de cormorans à aigrettes qui se faisaient sécher les ailes sur les brise-lames. Après une visite chez Exploramer où la faune marine s’est une fois de plus déployée sous nos yeux, nous sommes à quai, à l’abri pour la nuit. Des vents de 50 nœuds ont été annoncés jusqu’à demain fin de journée.
    La tempête s’installe, mais rien ne nous arrêtera pour poursuivre notre route vers encore d’autres richesses du Saint-Laurent.

    Pour en savoir plus:

    Sur le site de M-Expertise Marine (pour suivre le Symposium sur une carte interactive et communiquer avec son équipe):

    Symposium nomade des océans 2014

    Sur le site d’Écomaris:

    Symposium nomade des océans 2014

    Sur le site de Baleines en direct:

    Urgences Mammifères Marins

    Le Symposium nomade des océans part à la découverte des baleines du Saint-Laurent (archive Actualités d’ici et d’ailleurs)