Retour en arrière…

  • Phoque du Groenland © Renaud Pintiaux
    10 / 12 / 2015 Par Marie-Sophie Giroux

    … à la fin novembre. Notre collaboratrice de Franquelin aperçoit ses premiers phoques du Groenland de l’hiver. Dans les semaines qui suivront, elle reverra quelques mouvées de ces phoques nordiques. En effet, lorsque la saison froide s’installe, les phoques du Groenland reviennent des hautes latitudes pour passer la prochaine saison dans les eaux du Saint-Laurent. À la suite de la mise bas, ils repartiront au printemps dans les eaux subarctiques et arctiques chargées de glace pour se nourrir.

    Encore à cette période de l’année, les phoques gris profitent des eaux froides et riches de l’estuaire pour s’alimenter avant de se déplacer vers les aires de mise bas et de reproduction hivernales dans la portion sud du golfe Saint-Laurent. Plusieurs individus ont été aperçus en Côte-Nord et l’un d’eux a même été surpris en plein gueuleton d’une raie épineuse! Cette observation nous a été racontée par notre collaborateur Renaud Pintiaux qui, une semaine plus tôt, nous décrivait son observation de dizaines de phoques communs aux falaises de glaise à Tadoussac.

    Phoques communs et bélugas, il s’agit des deux seuls mammifères marins à vivre à l’année dans le Saint-Laurent. Certes, les bélugas gagnent d’autres régions l’hiver venu, mais on les remarque encore dernièrement dans plusieurs secteurs de leur habitat d’été: le fjord du Saguenay, la tête du chenal Laurentien (entre Les Escoumins et Les Bergeronnes) et près de l’île aux Coudres.

    En vue, deux grands souffles…

    … Puissamment expirés par deux rorquals communs le 5 décembre. Les deux géants se trouvent au large du cap de Bon-Désir aux Bergeonnes. Trois autres rorquals communs sont aussi présents dans le même secteur. Le 4 décembre, deux grands souffles ont été vus au large du Cap-des-Rosiers en Gaspésie. Rorquals communs ou rorquals bleus, le mystère reste entier. Aucun doute en ce qui concerne la présence d’un rorqual bleu au large des Bergeronnes le 2 décembre. La forme et la hauteur du souffle, la couleur et l’observation de la queue ont révélé l’espèce. Une autre queue a été aperçue le 5 décembre depuis le même promontoire, mais cette fois il s’agissait d’un rorqual à bosse. Les rorquals à bosse lèvent généralement la queue hors de l’eau au moment de plonger. On les distingue même ainsi, grâce aux marques et au patron de coloration de cette queue. Chez les rorquals bleus, c’est seulement certains individus de ceux qui fréquentent le Saint-Laurent (environ 15 à 18 %) qui le font.

    Parlant de rorquals bleus, plus tôt cet automne, des balises satellites Argos ont été posées sur le dos de rorquals bleus dans l’estuaire. L’objectif du projet est entre autres de combler le manque de connaissances sur les aires intensément utilisées par cette espèce, constituant l’habitat essentiel de la population de rorquals bleus de l’Atlantique Nord. Cette semaine, l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) diffusait sur sa page Facebook les récents déplacements de deux rorquals bleus (8 décembre 2015). Cette étude, mise de l’avant par Pêches et Océans Canada et menée en collaboration avec l’équipe du MICS et le chercheur Russ Andrews du Alaska SeaLife Center, en est à sa cinquième année.