Reconnaitre les baleines par leur dos

  • Le dos robuste des rorquals bleus se reconnait bien par sa longueur et sa teinte gris-bleu. © GREMM
    10 / 05 / 2018 Par Marie-Sophie Giroux

    Le soleil venait tout juste de se lever que déjà une observatrice de La Malbaie repérait deux dos blancs de bélugas dans la lumière du matin le 6 mai. Ses observations se sont poursuivies tout au long de la journée jusqu’en soirée. Le lendemain, elle apercevait encore un groupe d’une vingtaine d’individus toujours dans la baie devant la ville.

    Elle n’était pas la seule du secteur à nous partager ces moments privilégiés. Le 10 mai à l’aube, une autre collaboratrice repère des bélugas à Pointe-au-Pic. Ce ne sont pas ses premières «rencontres» de la saison avec ces baleines blanches, car le 1ermai, en kayak à Saint-Irénée, elle avait croisé la route d’une quinzaine de bélugas, où des adultes blancs s’entremêlaient aux jeunes gris.

    Toujours dans la région de Charlevoix, aussi le 10 mai, un résident de Cap-aux-Oies découvre une dizaine de bélugas. Selon la lumière et la position des animaux, leurs dos apparaissent tantôt blancs, tantôt noirs. Le troupeau prend finalement la direction de l’ouest avant de quitter le champ de vision du témoin.

    Au pied des dunes de Tadoussac, deux rorquals bleus font une surprenante apparition le 6 mai. Leur souffle redoutablement fort résonne, leur dos bleu robuste luit sous le soleil. Le 8 mai, un rorqual bleu est aussi repéré aux Bergeronnes. L’animal s’alimente près de la surface de l’eau. Cette même journée, trois petits rorquals sont aussi remarqués. Moins gigantesques que leur «cousin» bleu, ces baleines, qualifiées de «petites», mesurent tout de même près de 7 mètres — la longueur d’une limousine — et pèsent 7 tonnes, soit le poids d’un éléphant de la savane d’Afrique. Leur dos est noir et leur nageoire dorsale courbée est visible presque aussitôt que l’animal respire.

    Le dos des rorquals à bosse est aussi bien foncé, mais il se distingue par la bosse sous la nageoire dorsale, d’où le nom, d’ailleurs, de l’espèce. Deux rorquals à bosse sont surpris dans la baie de Gaspé, au large de Grande-Grave, le 6 mai. Un autre individu est vu au même endroit le lendemain. Depuis les hauteurs du cap Gaspé, des petits rorquals sont aperçus. Au-dessus et près d’eux de trouvent des mannes d’oiseaux : harles, eiders, macreuses et fous de Bassan.

    Petits rorquals et fous de Bassan composent aussi le paysage au large de Franquelin de la semaine, relate une résidente du village. Le 5 mai, elle trouve un très gros souffle au loin, mais sans pouvoir déterminer de quelle espèce il s’agit. Un petit rorqual est aussi observé près du quai de Havre-Saint-Pierre.

    Parfois, le dos qui fait surface n’est pas «lisse» comme celui des baleines, mais bien poilu! Dans la baie de Sept-Îles, le pelage tacheté et la tête de «chien» permettent de reconnaitre six phoques communs. Finalement, dans le fiord du Saguenay, une vingtaine de phoques communs se prélassent sur les rochers faisant face à la chute du Caribou-Qui-Pisse.


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».