Première sortie de la saison 2015 au large de Gaspé

  • © René Roy
    03 / 06 / 2015 Par René Roy

    On prévoit une fenêtre météo relativement favorable; quelques souffles de rorquals à bosse sont rapportés par une guide-interprète qui travaille dans les eaux de la baie de Gaspé. © René RoyIl ne m’en faut pas plus pour mettre le cap vers Gaspé pour sortir en mer.

    Première journée, le 21 mai, nous repérons rapidement un petit rorqual à la sortie du petit port de pêche de l’Anse-à-Brillant. Sa nageoire dorsale a une forme de faucille, bien accentuée, vraiment caractéristique de l’individu. Quinze minutes plus tard, deux souffles de rorquals à bosse surgissent. Il s’agit de H750, une baleine régulièrement vue près de Gaspé tôt en saison. Je la connais depuis 2009. Elle est accompagnée de H778, une baleine que j’observe pour la première fois, mais qui est souvent vue en Minganie.

     

     

    H763 © René RoyAprès les avoir quittés, nous sortons de la baie de Gaspé pour explorer le nord des falaises du Parc national Forillon pour ensuite nous diriger au large du cap Gaspé. Nous naviguons au-dessus d’une formation rocheuse sous-marine que les excursionnistes locaux surnomment «les portes». Sur l’échosondeur, elle apparaît comme deux passages parallèles qui génèrent avec les courants une remontée d’eau en surface. Plusieurs baleines fréquentent ce lieu. Justement, nous y repérons un autre petit rorqual qui s’alimente dans les bancs de capelans. Nous retournons ensuite nous abriter dans la baie, car le vent est de plus en plus fort. En face de Grande-Grave, nous retrouvons H750. Cette fois, elle est avec H763, un autre rorqual à bosse que j’ai observé à pareille date l’an passé, dans le même secteur.
    © René Roy

     

    La journée suivante est plus courte. De fortes averses nous obligent à retourner au quai. Avant de rentrer, nous revoyons le rorqual à bosse H750 et un rorqual commun dans la baie de Gaspé. Le rorqual commun présente une cicatrice sur son dos qui nous fait penser à un frottement d’un câble d’engin de pêche. Julien Delarue, un spécialiste qui travaille sur les rorquals communs, l’a identifié par la suite. Il s’agit de F428 que j’ai observé au même endroit le 19 mai 2011. Cet individu est régulièrement vu dans la baie de Gaspé en début de saison.

    Dernière journée, Stacey, guide-interprète, se joint à nous. Elle nous parle passionnément de la région du Parc national Forillon, son coin de pays, comme elle le fait quand elle nous parle des baleines. À la sortie du quai, nous revoyons le rorqual commun F428 ainsi que les rorquals à bosse H750 et H778 (Cigale).

    Malgré une visibilité réduite, nous décidons de sortir au large du cap Gaspé. C’est une bonne décision, cinq rorquals communs s’y trouvent. Les géants sont groupés et ils chassent les capelans. Très rapides, il n’est pas facile de les suivre et de les photographier, surtout lorsqu’ils seuls. © René RoyToutefois, groupés ainsi, ils sont plus faciles à photographier. Ils nagent de manière synchronisée et semblent interagir entre eux. Les oiseaux marins virevoltent au-dessus des rorquals pour profiter aussi du repas et attraper quelques «miettes». Un fulmar boréal, semblant curieux, s’approche de notre bateau. Finalement, nous couvrons tout le secteur du banc des Américains et les environs de l’île Plate où nous observons quelques petits rorquals. En début d’après-midi, nous retournons au quai, car la brume s’intensifie.

     

    Nous avons parcouru environ 150 milles marins durant ces trois courtes journées sur l’eau.

     

    RenéRené Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des îles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.