Poissons dignes de mention et baleines à foison

  • De nombreux grands rorquals sont observés au large de Sept-Îles. © CERSI
    17 / 07 / 2019 Par Jeanne Picher-Labrie

    La semaine dernière, c’était des dauphins à flancs blancs dans la baie de Gaspé. Cette semaine, des épaulards, la plus grande espèce de la famille des dauphins, apparaissent cette fois en Basse-Côte-Nord!

    Au moins quatre individus, reconnaissables par leur nageoire dorsale proéminente et leur patron de coloration caractéristique, sont observés au large de Blanc-Sablon. Que font-ils ici? Bien que les observations y soient exceptionnelles, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent font partie de l’aire de répartition de la population d’épaulards de l’Atlantique Nord. D’une population à l’autre, les épaulards sont très différents les uns des autres, que ce soit au niveau des préférences alimentaires, des techniques de chasse, du comportement, de l’apparence ou de la génétique. Certains scientifiques suggèrent même de les subdiviser en plusieurs espèces d’épaulards.

    Des poissons dignes de mention

    Autre présence inhabituelle : un requin blanc se trouve à proximité des Îles-de-la-Madeleine depuis quelques jours. Sa présence en soi dans le golfe n’est pas exceptionnelle, puisqu’il fait partie des sept espèces de requin du Saint-Laurent. Toutefois, selon l’organisme étatsunien Ocearch, c’est la première fois qu’un requin blanc est recensé précisément dans ce secteur. «Brunswick» est muni d’une puce satellite afin de mieux comprendre les déplacements des requins blancs.

    Requin pèlerin © Andrew Parson

    Requin pèlerin © Andrew Parson

    S’il n’a pas été observé vivant, le requin pèlerin échoué mort à Cap-d’Espoir étonne les marcheurs qui le croisent. Deuxième plus grand poisson au monde, cette espèce peut être observée près de la surface et près des côtes. Comme certaines baleines, ce requin a la capacité de filtrer l’eau — pas avec des fanons, mais avec des structures associées aux branchies — et s’alimente de plancton et de petits poissons.

    Revenons à nos baleines

    À la Station de recherche des iles Mingan (MICS), au large de Longue-Pointe-de-Mingan, on rapporte quelques individus rorquals communs cette semaine. Où sont les autres grandes baleines? Peut-être de l’autre côté du Saint-Laurent! Presque tous les jours cette semaine, un croisiériste observe dans la baie de Gaspé une quinzaine de rorquals à bosse, jusqu’à quatre rorquals communs, deux rorquals bleus, des petits rorquals et des marsouins. Et à chaque sortie, il aperçoit plusieurs grands souffles au loin qui n’ont pas été comptabilisés! Il note aussi un nombre surprenant de breachs, des sauts où la baleine sort une grande partie de son corps de l’eau, dont un d’un rorqual à bosse juvénile.

    «Breach» de rorqual à bosse. © GREMM

    Pour la première fois de la saison, l’équipe du MICS photographie une baleine noire le 11 juillet, une femelle nommée Aphrodite. De plus, les survols aériens de surveillance des baleines noires, au nombre de deux par jour, se poursuivent dans le golfe du Saint-Laurent et repèrent encore un nombre important d’individus.

    Une quinzaine de rorquals communs, douze petits rorquals et un rorqual bleu sont documentés par le Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles. Une baleine retient particulièrement l’attention de la chercheuse Anik Boileau : un rorqual commun ayant un étrange patron de coloration. Est-ce un hybride? Une douzaine de cas confirmés ont déjà été documentés dans le monde. On peut soupçonner des hybrides par des caractéristiques morphologiques, mais seules des analyses génétiques permettent de le confirmer. Après validation du CERSI auprès de Richard Sears, spécialiste des rorquals bleus au MICS, il s’agit finalement d’un rorqual commun, connu du MICS depuis 21 ans, selon une biopsie effectuée sur l’individu.

    À Baie-des-Sables, vendredi soir, le passage d’un rorqual commun près de la côte surprend un groupe de pêcheurs. Le reste de la semaine, ils observent aussi des phoques et des fous de Bassan.

    Entre Tadoussac et Les Escoumins, au moins trois rorquals à bosse sont observés cette semaine, en plus des nombreux rorquals communs et petits rorquals. À l’embouchure du fiord, une observatrice installée à Pointe-Noire le 13 juillet en matinée, remarque un groupe dense de bélugas. Le lendemain, des bélugas passent très près de la côte, en face du quai des Pilotes, aux Escoumins.

    Voici la carte des observations de la semaine. Cette carte représente seulement les observations qui me sont rapportées. Elle n’est pas une carte scientifique et ne donne qu’un aperçu de la biodiversité.

    Cliquez sur les icônes de baleine ou de phoque pour découvrir l’espèce, le nombre d’individus, des informations supplémentaires ou des photos de l’observation.  Pour agrandir la carte, cliquez sur l’icône du coin supérieur droit. 

    Pour faire apparaitre la liste des observations, cliquez sur l’icône du coin supérieur gauche. 

    Légende pour les icônes de baleine

    Bleu pâle: rorqual bleu
    Gris pâle: petit rorqual
    Gris foncé: rorqual commun
    Noir : baleine noire
    Turquoise : rorqual à bosse
    Jaune: espèce inconnue

    Légende pour les icônes de dauphin

    Blanc: béluga
    Bleu marin: dauphin à flancs blancs
    Brun: marsouin commun
    Gris pâle: narval

    Jaune: globicéphale noir
    Noir: épaulard
    Turquoise: dauphin à nez blanc
    Vert kaki: cachalot

    Légende pour les icônes de phoque

    Gris foncé: phoque gris
    Brun: phoque du Groenland
    Turquoise: phoque commun


    Jeanne Picher-Labrie a rejoint l’équipe de Baleines en direct en 2019 et est maintenant naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac. Étudiante au baccalauréat en biologie, elle est depuis toujours émerveillée par la nature. Elle en apprend chaque jour un peu plus sur les mammifères marins du Saint-Laurent et souhaite partager sa fascination grâce à la vulgarisation scientifique.