Mission accomplie

  • Conférence de Josiane Cabana
    © Sonia Giroux
    22 / 09 / 2014 Par Josiane Cabana

    La responsable du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) prend part au Symposium Nomade des Océans 2014 à bord du voilier-école d’ÉcoMaris, le Roter Sand, du 9 au 17 septembre. Elle rejoint une équipe de scientifiques pour visualiser et documenter les menaces qui pèsent sur les mammifères marins du Saint-Laurent. C’est aussi une occasion pour elle de rencontrer à nouveau les partenaires et les bénévoles du Réseau.

    Maintenant que le Roter Sand a terminé sa course pour le Symposium Nomade des Océans, quelques mots sur les derniers jours de cette mission scientifique et éducative. Le lendemain de nos riches observations dans la baie de Gaspé, nous avons mis le cap sur Anticosti, joyau du Saint-Laurent que peu de gens à bord avaient eu la chance de découvrir. J’étais attendue à Port-Menier le 15 septembre en matinée pour tenir une conférence sur le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, dans le but d’informer les insulaires sur le mandat du Réseau et comment ils peuvent y contribuer.

    Après avoir passé la nuit à quai, nous étions impatients de découvrir cette île immense, pratiquement inhabitée et jonchée de chevreuils (on appelle couramment les cerfs de Virginie chevreuils au Québec), une terre ciblée pour l’exploitation pétrolière. Port-Menier, village qui doit son existence à un richissime chocolatier français, abrite 220 personnes. Ce sont plus de 20 Anticostiens qui se sont déplacés pour entendre parler du projet Urgences Mammifères Marins, une participation au-delà de nos attentes!

    Biologistes de l’Université Laval, techniciens de la faune, photographe amateur et croisiériste étaient de la partie, visiblement fascinés par les récits de Capitaine Crochet, de la baleine à bec de l’île aux Pommes et par l’histoire des mortalités chez les bélugas. Même les douze enfants de l’école primaire se sont déplacés, ce qui a constitué pour l’équipe du Symposium Nomade des Océans l’atteinte directe de notre objectif d’éveiller les générations futures au Saint-Laurent et aux enjeux reliés.

    Cette visite à Anticosti était en quelque sorte la poursuite de la tournée printanière que j’avais effectuée sur les rives du Saint-Laurent pour rencontrer les partenaires et bénévoles impliqués. Des volontaires se sont même ajoutés à notre banque de bénévoles à la suite de la présentation; nous pouvons vraiment dire mission accomplie!

    Du golfe à l’estuaire du Saint-Laurent: la cohabitation de la faune et des activités humaines

    Après une visite éclair du village abandonné de Baie-Sainte-Claire, notre grand voilier à repris les flots, direction Tadoussac.

    Photo: © GREMM . Les dunes de Tadoussac

    Photo: © GREMM . Les dunes de Tadoussac

    Ce sont près de 50 heures de navigation qui nous attendaient. Les vagues du golfe, d’une hauteur de plus de trois mètres, en ont fait pâlir plus d’un à bord! Deux jours plus tard, on assistait à un lever de soleil aux portes du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent . À 6 h du matin à peine, l’action était au rendez-vous: pilotes du Saint-Laurent montant à bord des grands navires, pétrolier en transit vers les régions fluviales, bateau de recherche du GREMM en quête de données scientifiques, excursionnistes en recherche de grands rorquals, marsouin commun et bélugas en déplacement dans l’embouchure du fjord du Saguenay. Il n’en fallait pas plus pour comprendre que l’estuaire du Saint-Laurent est un écosystème diversifié en faune, en activité humaine et en enjeux de conservation.


    Photo: © GREMM

    Photo: © GREMM


    C’est au Centre d’interprétation des mammifères marins que s’est terminée pour moi cette aventure mémorable. Après que Nadia Ménard, biologiste d’expérience au parc marin, nous eut savamment exposé les défis de gestion de cette aire de protection marine lors d’une conférence, les au revoir ont été touchants. Je retiens de cette semaine des moments d’une beauté inexprimable et je constate avec le recul à quel point notre fleuve est vaste, puissant et grandiose. Ma motivation à le préserver est encore plus forte.