Deux carcasses de bélugas ont été retrouvées dans le Bas-Saint-Laurent à deux jours d’intervalle. La première carcasse signalée le 9 juillet par des résidents de Rivière-du-Loup est un nouveau-né, tandis que celle rapportée le 10 juillet par des résidents de Petit-Matane est une femelle adulte. Bien que les deux évènements soient rapprochés dans le temps et l’espace, rien ne nous indique que ces deux cas soient liés. Grâce à la réactivité des témoins qui ont pu rapidement transmettre les informations et les photos des carcasses, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) a pu confirmer qu’il s’agissait de bélugas. Une des carcasses a été transportée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal tandis que l’autre a été échantillonnée sur le terrain à cause de son état de décomposition avancé.

MISE À JOUR DU 16 JUILLET 2018 | Résultats préliminaires de nécropsie

Une nécropsie a eu lieu le 12 juillet à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe. Le vétérinaire spécialiste Stéphane Lair a constaté que la carcasse n’était pas aussi fraiche qu’on le croyait : l’animal était donc mort depuis plusieurs heures, voire quelques jours avant d’être vu dérivant au large de Petit-Matane. Lors de son signalement, le témoin avait vu la queue du béluga sortir de l’eau à quelques reprises. Le mouvement des vagues pourrait avoir donné cette impression de vie.

Autre constat intéressant, quoiqu’inquiétant, la femelle avait mis bas récemment. Toutefois, la lactation n’a pas semblé avoir été stimulée par le veau, ce qui pourrait signifier que le veau n’a jamais été allaité et est donc mort lui aussi. Les résultats des prélèvements ne sont pas encore disponibles et la cause du décès reste inconnue.

Une carcasse de veau retrouvée à Rivière-du-Loup

La carcasse, en état de décomposition avancé, se situait à proximité de la station exploratoire du Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM). Un assistant de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) ainsi qu’une technicienne du ROMM ont pu venir en aide au Réseau pour documenter et sécuriser la carcasse. Grâce à la collaboration de l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent (INESL), la carcasse du veau de Rivière-du-Loup a été échantillonnée (peau, gras, muscles et mâchoire inférieure avec les dents).

Une carcasse s’échoue à Petit-Matane

Dans ce cas encore, le Réseau a pu compter sur la précieuse aide de ses collaborateurs et du public. Les témoins de la situation ont pu assurer une aide précieuse aux bénévoles qui sont allés sécuriser la carcasse. Ils ont fait un suivi en continu de la situation et ont sensibilisé les passants intrigués par l’imposante carcasse, mesurant plus de 3 m.

La sécurisation de la carcasse aura été tout un défi : il a fallu plusieurs cordes pour attacher la carcasse à un point fixe et pour s’assurer qu’elle ne reparte pas avec la marée.

La carcasse étant très fraiche, elle a été transportée pour une nécropsie à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe . L’examen post-mortem de la carcasse permettra de dresser un portrait détaillé de l’individu : âge, anomalies génétiques, maladies, etc. Pour l’instant, pas de conclusions hâtives, seul le rapport de la nécropsie pourra apporter des clarifications sur les raisons de la mort de ce béluga.

On rappelle d’ailleurs qu’il est important de ne pas toucher à main nue une carcasse de mammifères marins par souci de sécurité et d’hygiène. Les mammifères marins peuvent transmettre des maladies aux humains.

Avec le cas de Petit-Matane, le nombre de carcasses de béluga retrouvées depuis le début de l’année s’élève maintenant à cinq, un nombre qui reste tout de même dans la moyenne des dernières années.

 

Pour en savoir plus

De la mer au labo : trajet d’une carcasse de béluga (Baleines en direct, 2017)

Réseau de récupération des carcasses (Baleines en direct, 2015)

Urgences Mammifères Marins - 11/7/2018

Anthony François

Anthony François est responsable du programme d’intervention d’urgences pour les mammifères marins. Il est arrivé au GREMM en 2017, comme répondant au Centre d'appels d'urgences pour les mammifères marins et comme assistant de recherche. Biochimiste et biologiste de formation, il réalise l’importance de la vulgarisation scientifique et de la sensibilisation du public au cours de sa maitrise.

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