Marine Mammal Protection Act: 40 ans après, le bilan est positif

  • 25 / 04 / 2013 Par Christine Gilliet – Mots et Marées - / / / /

    Aux États-Unis, l’état global des populations est meilleur qu’en 1972, date à laquelle cette loi pour la conservation des mammifères marins a été adoptée. C’est le bilan encourageant dressé par des scientifiques, qui pointent cependant le manque de données pour deux tiers des espèces. Les efforts et les volontés doivent continuer, car la liste des menaces est longue.

    L’étude, dirigée par Joe Roman de la University of Vermont, a été publiée le 22 mars 2013 dans les Annals of the New York Academy of Sciences.

    Le Marine Mammal Protection Act (MMPA) vise à protéger les mammifères marins des impacts nuisibles liés aux activités humaines, avec pour objectif de maintenir un niveau de population optimal pour qu’elles puissent se renouveler durablement, ainsi que leur rôle écologique dans les océans. Pour les auteurs de l’étude, les mesures prises par le MMPA, et les deux amendements qui ont y ont été ajoutés dans les années 1990, ont donc eu des effets bénéfiques concrets. Ils soulignent que le travail des scientifiques universitaires et les associations de protection ont joué un rôle essentiel dans la protection des espèces.

    L’analyse des stocks et des statuts

    D’emblée, le rapport précise que les données sur l’évolution du niveau des populations pour la plupart des espèces sont incomplètes, car la recherche scientifique menée dans ce domaine est insuffisante. En effet, pour 71 % des stocks qu’ils ont identifiés et analysés, les scientifiques n’ont pas été en mesure d’indiquer s’ils sont dans une tendance d’augmentation ou de diminution. Mais pour ceux qu’ils ont pu évaluer, 19 % augmentent, 5 % sont stables et 5 % sont en déclin ou en passe de le devenir.

    Certaines populations ont pu se rétablir de manière significative depuis 40 ans: pour les pinnipèdes, les scientifiques citent les phoques gris et les phoques communs en Nouvelle-Angleterre, les otaries et éléphants de mer sur la côte du Pacifique Nord-Ouest; pour les baleines à fanons (les mysticètes), ce sont les rorquals à bosse, les rorquals bleus et les baleines grises. Mais, certaines espèces, comme les baleines franches sont toujours répertoriées comme une espèce en voie de disparition et n’augmentent pas ou très peu. Menées au bord de l’extinction par une chasse intensive, leurs populations composées d’un nombre d’individus devenu trop petit avaient déjà très peu de chance de recouvrement au moment de l’adoption du MMPA.

    Le nombre important d’espèces placées sous un statut de faible préoccupation est encourageant lorsque l’on considère que les côtes du pays sont affectées par le trafic maritime, la pollution et la pêche commerciale. Mais les auteurs rappellent que 19 % des espèces figurent sur la liste des espèces menacées ou en danger de disparition, et que 7 % sont en déclins.

    Continuer l’effort, surtout pour l’Atlantique et les grands cétacés

    Si les mesures de protection ont pu considérablement diminuer les prises accidentelles de certaines espèces dans des engins de pêche commerciale, la menace continue à exercer sa pression, surtout sur les cétacés de grande taille dans l’Atlantique du Nord-Ouest, qui sont également exposés aux collisions avec les navires. Les auteurs de l’étude évoquent les chiffres émanant d’études récentes: 67 % des mortalités documentées chez les grands cétacés de cette région atlantique sont dues aux interactions humaines, avec l’empêtrement dans des engins de pêche comme cause principale.

    En fin de document, les scientifiques analysent les failles de cette loi, le manque de suivis sur les espèces et sur leurs périls. Le MMPA n’a pas eu d’effet sur la pollution sonore, les nouvelles maladies qui touchent les mammifères marins et la diminution du stock de leurs proies. Une réelle volonté politique doit continuer à s’exercer à long terme et s’associer à l’engagement des scientifiques, des acteurs de la conservation et des pêches. Certaines espèces de cétacés ont une longue durée de vie et se reproduisent lentement, il leur faudra des décennies avant de pouvoir se reconstituer.

    Sources: Annals of the New York Academy of Sciences, Science Blog