L’évaluation des micro-plastiques dans les océans est requise par des experts

  • 24 / 02 / 2011 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Prévue pour 2013, elle serait effectuée par un groupe d’experts en collaboration avec les Nations Unies. Les déchets plastiques, macro ou microscopiques, s’accroissent dans tous les océans et milieux côtiers. Ils provoquent des étouffements et empêtrements chez les mammifères marins et contaminent la chaîne alimentaire. En Atlantique Nord, un « continent » de déchets a été découvert.

    Recommandée par des experts en atelier à Paris en juin 2010, l’évaluation pluridisciplinaire des microplastiques serait dirigée en 2013 par le Groupe mixte d’experts chargé d’étudier les aspects scientifiques de la protection de l’environnement marin (GESAMP), en collaboration avec les agences des Nations Unies, des autorités régionales et nationales, des organismes intergouvernementaux et non gouvernementaux. Il s’agit d’en savoir plus sur ces déchets et d’éclairer les décideurs sur les moyens à mettre en œuvre pour les maîtriser.

    Les microplastiques ingérés par la faune marine

    Les microplastiques sont générés par la détérioration et la désintégration des objets de consommation courante qui atteignent les océans par voie aérienne, provenant de décharges à ciel ouvert, ou rejetés par les bateaux: emballages, sacs et pellicules, brosses à dents et rasoirs, matériaux de construction… On trouve aussi du matériel de pêche perdu ou abandonné et des granules de résine utilisées pour la fabrication des plastiques, des abrasifs de sablage et des exfoliants cosmétiques rejetés dans les égouts et les cours d’eau.

    La revue Planète Science de l’UNESCO mentionne qu’il est avéré que les déchets plastiques causent des dommages aux mammifères marins, poissons et invertébrés par empêtrement, étouffement et blocage des organes internes. Les microplastiques, facilement ingérées par la faune marine, contiennent des polluants persistants tels que les BPC (biphényles polychlorés), le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) et les EDBP (éthers diphényles polybromés) utilisés comme retardateurs de flamme. L’impact de cette contamination s’accumulant dans la chaîne alimentaire, des poissons aux mammifères marins et aux humains, est encore mal connu. Le plastique peut prendre des décennies, voire des siècles à se fragmenter. Il pourrait à long terme s’incruster dans les sédiments marins et les surfaces côtières.

    Un nouveau « continent » de déchets découvert en Atlantique Nord

    On apprend sur le site Internet notre-planete.info et dans la revue National Geographic que cette véritable décharge flottante ou soupe de déchets, se trouve à environ 1 000 km des côtes américaines. Elle est estimée couvrir une superficie égale à la France, la Belgique et la Grèce réunies, et profonde d’une dizaine de mètres. Sous l’effet d’un vortex créé par les vents et les courants océaniques, les plastiques s’agglutinent, ainsi que des milliards de fragments ou particules.

    Cette zone vient s’ajouter à celle du Pacifique Nord, déjà bien célèbre, qui a atteint en 2007 la taille de l’Inde. Le programme des Nations Unies pour l’Environnement a mentionné en 2006 qu’on trouve en moyenne 46 000 morceaux de plastique par 2,5 kilomètres carrés d’océan sur une profondeur d’une trentaine de mètres.

    Dans Planète Science, on peut lire que la production mondiale de plastique augmente en moyenne de 9 % par an, suivant la courbe de la croissance économique mondiale. Quant aux plastiques biodégradables, arrivés récemment sur le marché, ils ne semblent pas rencontrer les conditions favorables pour se dégrader sur terre ou sur mer, et la recherche sur leur dispersion et de leur durée de vie ne fait que commencer.[Planète Science, notre-planete.info, National Geographic]

    Pour en savoir plus:

    Sur le site de Planète Science