Les dunes de Tadoussac aux oiseaux… et aux baleines!

  • Rorqual à bosse
    © GREMM
    12 / 11 / 2014 Par Marie-Sophie Giroux

    Ce paysage ensablé, vestige de la dernière période glaciaire au Québec, est le théâtre d’une importante migration où passent près de 200 000 oiseaux marins, 15 000 rapaces et 70 000 passereaux… recensés par les ornithologues de l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac (OOT) qui relèvent leur passage depuis plus de 20 ans. Rapaces et certains passereaux, peu enclins à survoler de vastes étendues d’eau, profitent du rétrécissement de l’estuaire en amont pour traverser le Saint-Laurent en direction du sud.

    Justement, un recenseur de l’OOT installé sur le belvédère des dunes, a encore vu cette semaine un rorqual à bosse passé tout près de la rive. C’était le 10 novembre. Le géant a respiré plusieurs fois à la surface avant de sauter complètement hors de l’eau et de retomber bruyamment dans une gerbe d’éclaboussures. L’animal a plongé à quelques reprises sans que notre observateur puisse voir les détails de sa queue, son identité. Quelques jours plus tôt, le 8 novembre, un collaborateur a vu, depuis les dunes, un rorqual commun. Les dos blancs des bélugas sont aussi remarqués dans l’immensité bleue de l’estuaire.

    Au moins cinq bélugas ont été vus tout près de du quai de Rivière-Ouelle, au Bas-Saint-Laurent, le 8 novembre. Une communauté de femelles, accompagnées de jeunes, se tient dans ce secteur l’été. C’est la communauté de Kamouraska. L’été, les mâles et les femelles forment des groupes sociaux distincts l’été. Les femelles préfèrent les eaux plus chaudes du secteur amont. Elles y ont formé trois communautés, chacune occupant un territoire propre auquel elles sont fidèles. Il y a la communauté du Saguenay, celle de la rive sud et celle du secteur de Kamouraska. Les mâles, quant à eux, ont une organisation sociale différente des femelles. L’équipe du GREMM observe trois clans de mâles dans la partie du centre et de l’aval de l’aire de répartition estivale: le fjord du Saguenay, la tête du chenal Laurentien jusqu’aux environs de Forestville. Ces clans sont très stables et les individus d’un clan ne se mêlent pas à ceux d’un autre clan, même si leurs territoires se superposent.