Cela dépend où.

Les cachalots se trouvent dans tous les océans et mers du monde. L’estimation de leur abondance demeure très floue. L’extrapolation faite à partir d’estimations des tailles de leurs populations suggère une population mondiale entre 200 000 et 450 000 individus. Les scientifiques estiment que cette population actuelle est environ 70 % de celle d’avant la chasse des années 1800. À l’époque, les cachalots étaient très recherchés pour leur huile (le spermaceti est une cire huileuse trouvée dans leur tête) et pour l’ambre gris utilisé en parfumerie. Menées au bord de l’extinction, certaines populations se rétablissent lentement depuis le moratoire sur la chasse à la baleine instauré en 1982.

En raison de l’incertitude entourant son abondance et du déclin important de ses populations causé par la chasse, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a attribué au cachalot le statut «d’espèce vulnérable» en 1996. Le cachalot est toujours considéré comme une «espèce en danger» en vertu du Endangered Species Act états-unien.

Les cachalots, qui visitent occasionnellement le Saint-Laurent, appartiennent à la population de l’Atlantique Nord. Le cachalot a été chassé au Canada jusqu’en 1972. En 1995, la population de l’Atlantique Nord-Ouest a été estimée à près de 2700 individus. L’année suivante, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué et jugé la population «non en péril» par le nombre raisonnable d’individus présents dans la population.

La sous-population de cachalots en Méditerranée se porte moins bien. Considérée «en danger», elle est menacée entre autres à cause des prises accidentelles dans les filets dérivants utilisés pour la pêche au thon et à l’espadon.

Les prises accidentelles dans les filets de pêche, le bruit sous-marin causé par les navires et les sonars, l’ingestion de matières plastiques et la contamination toxique sont des menaces actuelles touchant les cachalots. La chasse dite scientifique japonaise pratiquée dans le Pacifique Nord prévoit la prise de dix cachalots annuellement. Les habitants de l’île Lembata en Indonésie chassent aussi quelques individus par année.

La semaine prochaine: Depuis quand chasse-t-on le cachalot?

Pour en savoir plus:
Sur le cachalot
Sur la chasse à la baleine

Les baleines en questions - 7/4/2015

Marie-Sophie Giroux

Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005 et y a travaillé jusqu’en 2018. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».

Articles recommandés

Comment rester optimiste face à l’avenir des baleines?

En conservation et en recherche, les efforts pour mettre à jour les connaissances sur les cétacés et les protéger se…

|Les baleines en questions 18/12/2020

La consanguinité, un problème pour les baleines en voie de disparition ?

Il resterait près de 360 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le monde, et probablement moins d'une dizaine de vaquita…

|Les baleines en questions 26/11/2020

Les baleines peuvent-elles saliver?

On le sait, les baleines sont de bonnes mangeuses et peuvent repérer leurs proies de loin, certaines grâce au sens…

|Les baleines en questions 13/11/2020