Le souffle fait le printemps

  • Deux rorquals communs expirent à la surface. // Two fin whales exhale at the water surface. © GREMM
    20 / 03 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Un, deux, trois souffles s’élèvent presque simultanément au large de Gallix. La chercheuse Anik Boileau du Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI) identifie trois rorquals communs. Une première mention de cette espèce, pour 2019! Les eaux se libérant peu à peu de leurs glaces permettent aux baleines de revenir plus près des berges. Peut-être seront-ils vus ailleurs au cours des prochains jours? Avec le printemps qui commence, l’espoir est permis!

    Lorsque le rorqual commun fait surface, on voit d’abord le souffle et l’évent, puis le dos et enfin la nageoire dorsale. Le rorqual commun lève rarement la queue lors de la plongée. Mais ce n’est pas impossible à voir. En 2016, la femelle Trou a montré la queue avant de plonger. Ce comportement de sa part n’a été documenté qu’une seule fois, alors que les chercheurs la connaissent depuis 1994! Le petit rorqual n’a pas non plus tendance à montrer la queue en plongeant.

    Rorqual commun Trou © Renaud Pintiaux

    Le rorqual commun Trou a montré sa queue en 2016, ce qui n’est pas habituel pour son espèce. © Renaud Pintiaux

    À l’inverse, le rorqual à bosse et le cachalot montrent systématiquement leur queue lorsqu’ils sondent. Chez les rorquals bleus qui fréquentent le Saint-Laurent, de 14 à 18% des individus montrent la queue en plongeant. Et ceux qui montrent la queue le font généralement à chaque plongée. Du côté des bélugas, rares sont les bélugas qui montrent souvent la queue. Ainsi, la physiologie des individus, leur souplesse ou encore les activités qu’ils pratiquent influenceraient le fait de sortir ou non la queue hors de l’eau avant une plongée.

    Chez les phoques, il n’est pas fréquent de voir les pattes arrière sortir de l’eau. Si nous observons les pattes, c’est soit parce que les phoques apparaissent en transparence sous l’eau ou qu’ils sont hors de l’eau. C’est d’ailleurs ce qu’a pu voir un observateur de Sept-Îles le 14 mars dernier. Une trentaine de phoques se prélassaient sur les glaces près de l’ile Petite Boule.

    Les phoques utilisent la glace pour se reposer, muer ou encore mettre bas. Au large de Sept-Îles, le 14 mars dernier, ils se reposaient probablement. © Stéphane Pagès

    En faisant son inventaire du garrot d’Islande à Baie-des-Rochers, dans Charlevoix, une agente en gestion des ressources de Parcs Canada voit apparaitre deux têtes sans plume et sans bec à la surface. Elle reconnait deux phoques communs, un adulte et un jeune, nageant ensemble. De Baie-des-Rochers, on peut parfois apercevoir des petits rorquals et des bélugas. Le souffle de ces deux espèces est rarement visible. Il faut donc scruter les eaux pour les repérer.

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.